Olivier Père

Cycle Bruno Podalydès sur ARTE

Scénariste, acteur et réalisateur français, né à Boulogne-Billancourt en 1961, Bruno Podalydès a grandi à Versailles, qui deviendra le théâtre de ses premiers films. Il a signé dix longs métrages, réalisés entre 1998 et 2024. Vainqueur du César de la meilleure première œuvre en 1999 pour Dieu seul me voit, il est l’auteur de comédies de caractères et de situations, poétiques et sentimentales. Son frère Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, joue dans tous ses films. Un cycle sur ARTE permet de retrouver l’univers tendre et burlesque, mystérieux et fantaisiste du réalisateur. Une « petite vadrouille » cinéphile, emmenée à l’écran par Bruno et Denis Podalydès, entourés d’une brochette de talentueux comédiens qui s’amusent autant que nous.

 

Comme un avion (2015)

C’est l’un des meilleurs films de Bruno Podalydès, une comédie douce qui invite le spectateur à larguer les amarres et se laisser porter par le courant. Bruno Podalydès imagine une odyssée miniature dans la campagne française. Il interprète Michel, un quinquagénaire romantique qui se lance enfin à l’aventure à bord d’un kayak, sa nouvelle passion. Ode à l’ivresse et à la fugue, Comme un avion nous rappelle le plaisir des rencontres buissonnières et des joies simples. Bruno Podalydès donne libre cours à sa fantaisie, mais son écriture et sa mise en scène sont d’une précision musicale. Le réalisateur cisèle les gags visuels, joue avec les mots et chorégraphie les mouvements des protagonistes de ce conte sensuel et hédoniste. Dans une ambiance de vacances champêtres, Bruno Podalydès réunit une formidable troupe de comédiens au sein de laquelle les séduisantes et talentueuses Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain et Vimala Pons composent chacune des personnages irrésistibles.

Diffusion mercredi 11 mars à 20h55 sur ARTE.

Disponible sur ARTE.tv jusqu’au 9 avril 2026

 

Liberté-Oléron (2001)

Comme chaque été, la famille Monot s’installe dans sa petite villa sur l’île d’Oléron. Cette année, le père cède à la tentation, même si elle est coûteuse, d’acheter un petit voilier. Il se rêve en capitaine, seul maître à bord, mais son inexpérience va déclencher déceptions et catastrophes. Liberté-Oléron débute comme la chronique amusée des vacances de français moyens, entre Jacques Tati et Hergé. Petit à petit, le psychodrame s’invite dans la comédie. L’appel de la mer va réveiller les tristesses et les frustrations endormies. Bruno Podalydès dépeint le désir d’un homme qui cherche à s’échapper de la routine et prendre le large, mu par une obsession d’abord amusante, puis inquiétante et dangereuse. Pour incarner cet antihéros tragique malgré lui, il trouve en son frère Denis le plus parfait des interprètes.

Disponible sur ARTE.tv jusqu’au 10 septembre 2026

 

Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) (1998)

Pour son premier long métrage, Bruno Podalydès relève le défi de construire un film autour d’un trentenaire versaillais qui vit dans un sentiment de doute et d’indécision permanent. A partir d’un postulat qui aurait pu donner naissance à un psychodrame rébarbatif, le cinéaste parvient à signer une comédie irrésistible. Les atermoiements de son anti-héros Albert Jeanjean provoquent un enchaînement non-stop de situations cocasses. Chez Podalydès, le concept se traduit immédiatement en action. Albert, faute de savoir choisir, se retrouve pris dans un mouvement permanent, à pied, en train ou en voiture, à la recherche de la femme idéale. Dieu seul me voit est un beau film-monde sur la poursuite du bonheur et de l’amour, et la place du hasard dans la vie d’un homme. La mise en scène de Podalydès fourmille d’idées et file à toute vitesse. Les dialogues pétillent d’intelligence. Le cinéaste réunit autour de son frère Denis, absolument génial, un merveilleux assemblage d’acteurs. Cet hymne à l’hésitation existe aussi dans une version de six heures, disponible uniquement en vidéo.

Disponible sur ARTE.tv jusqu’au 10 septembre 2026

 

Le Parfum de la dame en noir (2005)

Incartade réussie de Bruno Podalydès dans le film à costumes, pour ce qui demeure sans doute le titre le plus ambitieux et opulent de son œuvre. Après le succès du Le mystère de la chambre jaune, l’acteur-réalisateur adapte la suite des aventures de Rouletabille, toujours interprété par son frère Denis. Rouletabille et Sainclair assistent au mariage de Mathilde Stangerson et Robert Darzac. Quelques jours auparavant, le prestidigitateur Larsan (l’ancien amant de Mathilde qui avait tenté de l’assassiner dans la chambre jaune) est mort sur scène. Mathilde et Robert se rendent chez leurs amis Édith et Arthur Rance, au château d’Hercule. Rouletabille, secondé par Sainclair, les rejoint : il sait maintenant que Mathilde n’est autre que la dame en noir de son enfance qui venait lui rendre visite au pensionnat, c’est-à-dire sa mère. Il sait aussi que Larsan (qui est donc son père) est vivant. Une nuit, un coup de feu retentit dans la chambre… Cette intrigue psychanalytico-criminelle permet à Podalydès de revenir sur deux de ses passions, la magie et Tintin. La direction artistique du film est particulièrement soignée. Il y règne une atmosphère surréaliste qui n’est pas sans rappeler les labyrinthes oniriques et mentaux d’Alain Resnais – avec au moins quatre acteurs en commun : Sabine Azéma, Pierre Arditi, Michael Lonsdale et Claude Rich.

Disponible jusqu’au 10/09/2026

 

Les Deux Alfred (2020)

Alexandre est chômeur et interdit bancaire. Délaissé par sa femme, il doit trouver un emploi à tout prix et prouver qu’il est capable de s’occuper de ses deux enfants en bas âge. Malgré les apparences de son synopsis, ce film n’engendre pas la mélancolie. Résolument tourné vers l’absurde, Bruno Podalydès met en scène des personnages dépassés par le monde moderne et les récents bouleversements sociétaux. Devant le travail abusif et l’invasion de la technologie, le réalisateur fait l’éloge de la ruse et du bricolage loufoque, comme armes de résistance douce. Cette comédie poétique se révèle être le film le plus optimiste de son auteur, qui parie ici sur l’entraide, l’amitié et la dynamique de groupe. Derrière et devant la caméra, Bruno Podalydès forme avec son frère Denis un duo masculin tendre et maladroit, rejoint par Sandrine Kiberlain plus drôle que jamais.

Diffusion sur ARTE le mercredi 15 avril à 20h55

Disponible pendant trente jours en télévision de rattrapage sur ARTE.tv après la diffusion.

 

Également sur ARTE.tv

 

ARTE Kino Conversation avec Bruno Podalydès

Bruno Podalydès s’exprime sur les illusions et le désir de clarté qui traversent son cinéma. Sans oublier l’influence d’Hergé, les collaborations avec son frère Denis et l’origine du running gag de la « glaviole ».

 

Épisode de Blow Up : C’est quoi Bruno Podalydès ?

Retour sur la carrière de Bruno Podalydès en dix petites madeleines.

 

La Petite Vadrouille (2024), le dernier film en date de Bruno Podalydès, sera diffusé ultérieurement sur ARTE dans le courant de l’année 2026.

 

 

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

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