Olivier Père

Cycle Kinuyo Tanaka sur Arte.tv

Kinuyo Tanaka (1909-1977) fut l’une des plus importantes actrices japonaises. Elle apparait dans plus de 250 films, et sa carrière court sur un demi-siècle. Elle a tourné avec les meilleurs cinéastes japonais de son temps. Elle développe même une relation particulière avec Kenji Mizoguchi, qui la dirige à quinze reprises. Les cinéphiles occidentaux ont découvert tardivement que Kinuyo Tanaka fut aussi une réalisatrice passionnante. Elle signa six longs métrages entre 1953 et 1962, devenant ainsi la seule femme cinéaste active durant l’âge d’or du cinéma japonais. ARTE propose de découvrir l’intégralité de son oeuvre, six films dans leur version restaurée, après leur distribution en salles et en coffret Blu-ray en France par l’éditeur Carlotta.

Tous les films sont disponibles sur arte.tv et sur la chaîne Youtube ARTE Cinéma jusqu’au 5 septembre 2026. Maternité éternelle sera également diffusé sur ARTE Jeudi 19 mars à 0h45.

 

Lettre d’amour (Koibumi, 1953) 

Avec Masayuki Mori, Yoshiko Kuga, Jukichi Uno, Juzo Dosan, Chieko Seki.

Au début des années 1950, un ancien soldat devenu traducteur retrouve celle qu’il a aimée et n’a jamais pu oublier. Un puissant mélodrame réunissant deux stars du cinéma nippon d’après-guerre, le premier des six films réalisés par Tanaka.

 

La lune s’est levée (Tsuki wa noborinu, 1955) 

Avec Mie Kitahara, Yoko Sugi, Hisako Yamane, Chishu Ryu.

Trois sœurs vivant chez leur père veuf songent au mariage… Sur un scénario d’Ozu, une comédie légère dans le splendide décor de la ville de Nara.


Maternité éternelle (
Chibusa yo eien nare, 1955)

Avec Yumeji Tsukioka, Masayuki Mori, Ryoji Hayama, Yoko Sugi.

Mère de deux jeunes enfants, coincée dans un mariage malheureux, une jeune poétesse se débat pour affirmer son art et son désir. Ce récit poignant et jamais attendu fait voler en éclats les tabous de son temps.

Maternité éternelle est le troisième film de Kinuyo Tanaka, adaptation du livre Les Seins éternels écrit par un journaliste qui fût l’amant de la poétesse Fumiko Nakajo, dont il raconte l’histoire. Tanaka y brosse le portrait d’une mère divorcée en quête d’indépendance, et portée par son désir de création littéraire. C’est un mélodrame d’une grande modernité, avec de magnifiques recherches formelles. La réalisatrice aborde avec courage les thèmes de la sexualité et de la maladie.

 

La Princesse errante (Ruten no ohi, 1960)

Avec Machiko Kyô, Eiji Funakoshi, Chieko Higashiyama, Michiko Takano.

Mariée par l’armée japonaise en 1937 au frère du dernier empereur mandchou, une princesse nipponne est emportée dans la tourmente de l’histoire. D’après des événements authentiques, une saga historique contée d’un point de vue féminin, avec la grande Machiko Kyô.


La Nuit des femmes (
Onna bakari no yoru, 1961) 

Avec Chisako Hara, Akemi Kita, Kyoko Kagawa, Chikage Awashima.

À la fin des années 1950, après la fermeture des maisons- closes au Japon, une jeune prostituée peine à se réinsérer. Un déchirant portrait de femme qui livre une réflexion subtile sur le commerce du corps.


Mademoiselle Ogin
(Ogin-sama, 1962)

Avec Ineko Arima, Tatsuya Nakadai, Ganjiro Nakamura, Mieko Takamine.

Dans le Japon féodal, l’amour impossible d’une jeune femme affranchie et d’un samouraï chrétien, sur fond de persécutions religieuses. Dernier film de Kinuyo Tanaka, un somptueux mélodrame, servi par la vibrante Ineko Arima.

 

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