Olivier Père

Le diable n’existe pas et Un homme intègre de Mohammad Rasoulof

Le diable n’existe pas (Sheytân vodjoud nadârad, 2020) est le huitième long métrage du cinéaste iranien Mohammad Rasoulof. Persécuté par la justice de son pays, qui lui reproche de critiquer ouvertement le régime en place, Rasoulof a tourné son film clandestinement, afin de contourner la censure. Le film est constitué de quatre histoires sur la façon dont la peine de mort est appliquée en Iran, et pose la question de la responsabilité collective. Chaque épisode adopte des personnages et des points de vue différents, allant du bourreau à ceux qui refusent de collaborer à l’exécution des condamnés. Rasoulof, malgré son sujet, échappe aux pièges de l’œuvre à thèse aride et théorique. Entre mélodrame, chronique et thriller, Le diable n’existe pas est un film de cinéma ample et romanesque, qui ne sacrifie jamais la beauté de ses images et de sa mise en scène à l’urgence et au courage de son propos. Le diable n’existe pas a obtenu l’ours d’or du Festival de Berlin en 2022.

Diffusion le lundi 21 février à 23h sur ARTE. Disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv du 18 février au 19 mars 2024.

 

Un homme intègre (Lerd) a été présenté au Festival de Cannes dans la section Un Certain regard en 2017. Il compte parmi les grandes réussites de Rasoulof, c’est peut-être son meilleur film. A partir d’un conflit de voisinage qui atteint des proportions dramatiques, Un homme intègre brosse un portrait accablant de la société iranienne, bâtie sur un système de corruption et d’arrangements avec la loi. Le personnage principal, dont les principes moraux lui interdisent d’accepter ces pratiques, va se retrouver broyé, acculé à la violence. Ce réquisitoire implacable est traité comme un thriller sous haute tension, porté par le charisme incroyable de ses interprètes principaux. Il possède toutes les qualités du cinéma de Rasoulof, traversé par des fulgurances visuelles (la mort des poissons ; l’incendie de la maison) et habité par un sens du cadre, un regard d’esthète qui évoquent parfois Nuri Bilge Ceylan.

 

Diffusion le mercredi 13 mars à 23h50 sur ARTE. Disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv.

 

 

 

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