Chronique d’un amour (Cronaca di un amore, 1950) est le premier long métrage de Michelangelo Antonioni. Il témoigne déjà d’une maîtrise, d’une perfection et d’une sophistication qui ne feront que croître dans les chefs-d’œuvre suivants du cinéaste de Ferrare. Antonioni dira en 1960 dans un entretien accordé aux Cahiers du cinéma : « Une image n’est essentielle que si chaque centimètre carré de l’image est essentiel ». Chronique d’un amour débute comme un roman policier, de même que La Dame sans camélias (1953), son film suivant, aura d’abord les attraits d’une satire ironique du monde du cinéma. Mais les ramifications du récit nous entrainent bien au-delà d’un simple mélodrame criminel.
Chronique d’un amour semble nous présenter, dès ses premières séquences, le programme esthétique de toute l’œuvre à venir, ainsi que les thèmes qu’Antonioni va explorer sans relâche dans ses films.
À partir d’un matériau conventionnel, le cinéaste invente une nouvelle forme d’écriture cinématographique, constituée de ruptures, de mystères et de béances. Il offre une étude fouillée de l’âme humaine, une radioscopie de l’angoisse et du désespoir qui frappent des personnages ancrés dans leur époque. Il est intéressant de noter l’écho que trouve Chronique d’un amour dans le dernier grand film d’Antonioni, Identification d’une femme en 1982. Les deux films commencent par une enquête, commandité par un mari suspicieux à un détective dans le premier, plus informelle et motivée par la curiosité amoureuse dans le deuxième. Dans les deux cas, il s’agit « d’identifier » une femme dont le passé, l’histoire, la sexualité et les sentiments semblent receler un secret enfoui, et qui chercher à se dérober. Dans les deux films, une jeune femme échappe à l’emprise de son mari ou de son amant, détentrice d’un mystère et promesse d’un danger aussi fatals que sa beauté.
Chronique d’un amour a été édité en Blu-ray et en DVD par Carlotta.



Il me semble avoir vu l’ensemble de la filmographie d’ANTONIONI, et à ce jour, je trouve ces films d’une modernité et intemporalité folle..
Il est au cinéma ce que fut l’émergence du mouvement de l’abstraction dans la peinture, cet art qui ne s’intéresse qu’à l’essentiel: peindre l’essence de l’âme humaine dans notre monde Moderne désenchanté….
C’est drôle, car je voue une grande admiration pour ANTINIONI, mais tout à la fois pour un cinéaste aux antipodes, tout du moins dans la forme, Maurice PIALAT…