Olivier Père

Les Choses de la vie de Claude Sautet

Michel Piccoli est décédé le 18 mai 2020 à l’âge de 94 ans. Pour lui rendre hommage, ARTE bouleverse ses programmes et diffuse Les Choses de la vie (1970) dimanche 24 mai à 20h55. Le film de Claude Sautet sera suivi du documentaire L’Extravagant Monsieur Piccoli. Les Choses de la vie est un titre important dans la carrière de Sautet. C’est ce film qui le consacre comme un cinéaste majeur, et lui offre son premier grand succès critique et public. C’est surtout un film qui scelle des rencontres décisives pour la suite de son œuvre : avec le scénariste Jean-Loup Dabadie, avec le compositeur Philippe Sarde, avec Romy Schneider véritable idéal féminin et avec Michel Piccoli qui deviendra son alter ego cinématographique. On a beaucoup glosé sur la dimension sociologique du cinéma de Sautet, chroniqueur de la France pompidolienne et des classes supérieures. A partir des années 70, les films de Sautet s’inscrivent dans leur époque, sur laquelle ils posent un regard juste et sans complaisance. C’est particulièrement le cas des Choses de la vie dont l’événement central, un accident de la route, souligne la mythologie de la voiture qui s’installe dans la société française. Mais le film de Sautet ne saurait se réduire à cette séquence au montage virtuose, ni au tableau d’une nouvelle bourgeoisie à la fois prospère et névrosée. L’histoire du roman de Paul Guimard, un architecte quadragénaire déchiré entre son ex-femme et sa maîtresse, n’est qu’un prétexte permettant à Sautet d’explorer des obsessions plus intimes mais aussi métaphysiques, qui dépassent l’étude de mœurs. Comme dans son premier long métrage Classe tous risques, Sautet s’intéresse à la fuite en avant d’un homme aux pulsions autodestructrices. L’accident qui structure la narration fragmentée du film, faite de subtils retours en arrière, d’accélérations et d’arrêts sur images, de rêves et de dialogues intérieurs, est le révélateur d’un désir secret, celui d’un apaisement que seule la mort peut procurer. Piccoli incarne à la perfection cette masculinité tentée par les gouffres, incapable de se satisfaire du bonheur matériel ou de l’amour d’une femme. Le film que Claude Sautet, Romy Schneider et Michel Piccoli feront ensemble à la suite des Choses de la vie, Max et les ferrailleurs, ira encore plus loin dans la description d’une pathologie suicidaire.

Catégories : Actualités · Sur ARTE

4 commentaires

  1. Roussel dit :

    LES CHAAAAAAUSES DE LA VIE AIMER au que NON ADOOOORE!!!! comme le dit Monsieur Picoli ADMIRAAABLE

  2. jicop dit :

    Piccoli . Dabadie . Cruelle semaine pour les cinéphiles . Les deux réunis dans ce film magnifique . Cela sert encore plus le cœur .

  3. pierre orcel dit :

    Bonjour. Je ne trouve pas ce film en replay sur Arte.tv, pourquoi?

    • Olivier Père dit :

      Bonjour, parce que c’est un film appartenant à Studiocanal et certains ayant-droits comme Studiocanal, Gaumont ou Pathé n’accordent généralement pas le replay pour les films de leurs catalogues.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *