Olivier Père

Le Corsaire noir de Sergio Sollima

ARTE diffuse Le Corsaire noir (Il corsaro nero, 1976) mercredi 20 mai à 13h35. Corsaire issu de la haute noblesse espagnole, Emilio de Vintimille se lance à la poursuite du cruel duc Van Gould, responsable de la mort de ses frères, et qui règne en despote sur l’île de Maracaibo. Sollima a réalisé à la fin des années 60 deux des meilleurs western italiens, Colorado et Le Dernier face-à-face, allégories politiques dans lesquelles le cinéaste abordait des thèmes comme l’impérialisme, le racisme et le fascisme. Après l’échec commercial de son thriller La Poursuite implacable, Le Corsaire noir et le dernier effort notable de Sergio Sollima dans le domaine de l’action et de l’aventure, à une époque où le cinéma de genre italien amorce une irréversible décadence artistique, et se tourne principalement vers la violence, la parodie et l’horreur. Le film se distingue de la production commerciale transalpine en proposant un divertissement tous publics, porté par des valeurs humanistes. Il est tiré d’un livre d’Emilio Salgari, sorte de Karl May transalpin immensément populaire pour ses romans et nouvelles d’aventures exotiques, parmi lesquels un cycle consacré aux pirates et corsaires des Caraïbes. A la même période, Sollima avait adapté pour le petit écran les exploits du pirate Sandokan, célèbre création de l’écrivain. Ce feuilleton avait rencontré un formidable succès à travers l’Europe. L’acteur d’origine indienne Kabir Bedi interprète à la fois Sandokan et le corsaire noir. A ses côtés, on retrouve Carole André, actrice française à la brève carrière qui a principalement travaillé en Italie. Fidèle à l’esprit de Salgari, et aux propres convictions politiques de Sollima, ce beau film met en scène un héros chevaleresque, en lutte contre l’exploitation des populations locales, la vilenie des puissants et les méfaits du colonialisme.

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4 commentaires

  1. Cayla Jean-Louis, Edouard, Emile dit :

    Sympathique film de corsaires qui eût gagné en ne dotant pas les amérindiennes de soutiens-gorges!

  2. Jicop dit :

    Un bon film de pirates a l’ancienne qui a le merite de prendre le genre au serieux sans pour autant se prendre au serieux .
    Cela m’a renvoye vers la mythique serie  » Sandokan  » adoree pendant mon enfance ou les bande-dessinees bon marche venant de l’autre cote des Alpes du style Blek ou Tex .
    La realisation est travaillee ( pas trop de zooms typiques du cinema Italien de l’epoque, emploi de split-focus ) et le distribution homogene malgre la coproduction .
    Sollima a choisi un film familial, sans violence ni sadisme en vogue a cette epoque .
    En ressort un film fort en peripeties qui nous rappelle les dernieres belles annees du cinema de genre Italien qui avec des budgets parfois derisoires .
    Bravo et merci Arte de nous offrir ces petits tresors.

  3. Jerome Carpentier dit :

    Bonjour a vous…je me demande quelle fort ou citadelle et de quel pays ce joue ce film…historiquement parlant..merci

    • Olivier Père dit :

      Bonjour, l’action du film se déroule dans les Caraïbes, sur plusieurs îles. Les scènes auxquelles vous faites référence ont été tournées à Carthagène, port historique de Colombie, au bord de la mer des Caraïbes, célèbre pour sa forteresse et ses fortifications qui datent de l’empire colonial espagnol. La ville a servi de décor à plusieurs films, comme Queimada de Pontecorvo.

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