Olivier Père

ARTE Kino Festival 4

Pour sa quatrième édition, qui se déroulera durant tout le mois de décembre, ARTE Kino Festival réaffirme ses dimensions européenne et numérique et sa volonté de faire découvrir au plus grand nombre une sélection de films issus de la jeune scène cinématographique. Festival en ligne du cinéma européen, ARTE Kino Festival ouvre le champ des possibles. Notre intention est d’inventer un nouveau lien entre les œuvres, leurs auteurs et un large public curieux de découvrir, facilement et gratuitement, dix films qui sont autant de regards neufs et pertinents sur des préoccupations et des thématiques très contemporaines. Dans un paysage en pleine mutation, ces films dressent un état des lieux du monde dans lequel nous vivons, et aussi de notre rapport à l’Histoire. Fictions ou documentaires, ils adoptent des formes très actuelles, hybrides et dynamiques, qui leur insufflent une énergie et un sens du récit propres à notre époque. Mêlant le collectif et l’intime, le poétique et le trivial, la passion et la réflexion, ces films tissent un réseau de signes et de signaux, inquiétants ou vivifiants. Ils décryptent des situations à la fois très actuelles et intemporelles, par les prismes d’histoires inventées ou d’enquêtes immersives.

Les dix longs métrages proposés, dont sept premiers films, racontent à leur manière dix pays, dix langues, dix cultures. C’est une responsabilité qui échappe à la notion de représentation officielle. Ces films nous confirment la formidable diversité de l’Europe, unie mais riche de ses différences, à l’opposé des tentations de repli identitaire. Témoins et acteurs de leur temps, dix cinéastes, cinq hommes et cinq femmes, font l’éloge du dialogue et de la rencontre, du métissage et de l’altérité, dans une quête de compréhension qui traverse les frontières, en totale connexion avec le réel.

 

ARTE Kino Festival est accessible gratuitement en 10 langues dans 45 pays d’Europe sur artekinofestival.com, à partir du 1er décembre 2019

Les dix langues proposées sont : français, allemand, anglais, espagnol, italien, polonais, portugais, ukrainien.

Créé à l’initiative de la Fondation ArteKino, le festival a bénéficié du soutien d’Europe Media Créative et de mécènes privés.

La Fondation ArteKino soutient également des projets de longs métrages grâce au « Prix ArteKino International », bourse d’aide au développement, remis dans une douzaine de grands festivals de cinéma. Avec ArteKino Sélection, un film ou un cycle est maintenant proposé chaque mois gratuitement sur les trois offres numériques cinéma d’ARTE : artekinofestival.com, arte.tv et la chaîne YouTube ARTE Cinéma.

Les Prix

Prix du Public européen d’un montant de 20 000 € décerné par les internautes.

Prix du Jury Jeunes d’un montant de 10 000 € décerné par un jury de jeunes européens âgés de 18 à 25 ans.

Un tirage au sort désignera le gagnant d’un week-end au Festival de Locarno 2020.

 

Les dix films de la sélection 2019 :

Messi and Maud de Marleen Jonkman (Pays-Bas, 2017)

Le voyage au Chili d’un couple en crise se transforme en épopée intime et en reconquête de la féminité. Les débuts prometteurs d’une jeune réalisatrice hollandaise, Marleen Jonkman. Premier film.

 

Chanson triste de Louise Narboni (France, 2019)

A la fois mélodrame politique et essai documentaire, Chanson triste transforme un sujet de société en grande aventure sentimentale. Le goût de l’autre et le sens du partage irriguent le film de Louise Narboni, qui navigue entre réalité et fiction. Premier film.

 

Thirty de Simona Kostova (Allemagne, 2019)

Une étude générationnelle qui ausculte les mœurs et coutumes d’un groupe d’amis dans le Berlin branché d’aujourd’hui. Simona Kostova pose un regard sans complaisance sur des personnages en perpétuel mouvement, à la fois prisonniers de leurs peurs et d’une temporalité bouclée. Premier film.

 

Stitches de Miroslav Terzic (Serbie, 2019)

Ce thriller psychologique écrit un nouveau chapitre de l’histoire sombre et récente de la Serbie. Au-delà de l’odyssée personnelle d’une femme, le réalisateur dénonce en effet un système global de trafics et de corruption.

 

Thirst de Svetla Tsotsorkova (Bulgarie, 2015)

La soif du titre désigne la pénurie d’eau qui frappe une petite communauté rurale en Bulgarie, mais aussi le besoin d’amour de ses habitants, isolés et oubliés. Un conte aux images d’une beauté époustouflante. Premier film.

 

Ruth de Antonio Pinhao Botelho (Portugal, 2018)

A travers le récit de l’ascension de Eusébio, mythique footballeur du Mozambique et athlète surdoué bientôt convoité par le club Benfica de Lisbonne, une histoire des relations entre le Portugal et ses colonies africaines au début des années 60. Une saga passionnante qui se déroule entre deux continents. Premier film.

 

Selfie de Agostino Ferrente (Italie, 2018)

Agostino Ferrente a confié à deux adolescents d’un quartier populaire de Naples contrôlé par la mafia une petite caméra pour qu’ils témoignent de leur vie quotidienne, à la façon d’un selfie. Un dispositif propice à une prise de conscience de la violence et du désespoir qui les entourent.

 

Normal de Adele Tulli (Suisse, 2019)

Un documentaire fascinant, visuellement spectaculaire, qui montre la normalisation de pratiques qui caractérisent, aujourd’hui, l’identité des genres dans la société italienne. Premier film.

 

Sons of Denmark de Ulaa Salim (Danemark, 2019)

Dans un Copenhague futuriste plongé dans le chaos, des nationalistes d’extrême-droite s’opposent aux intégristes islamistes, dans une guerre des cultures où la colère de chacun de ces deux groupes nourrit celle de l’autre. Un thriller politique, explosif et haletant qui paie sa dette aux premiers films de Martin Scorsese, Nicolas Winding Refn et Jacques Audiard. Premier film.

 

Psychobitch de Martin Lund (Norvège, 2019)

La rencontre inattendue entre le meilleur élève de la classe et une jeune fille psychotique et rebelle. Une version norvégienne des films de campus, qui marie tendresse, humour et provocation. Un nouveau regard sur le thème éternel de l’amour impossible. 

 

 

 

Catégories : Actualités

20 commentaires

  1. Martin dit :

    Oh ! Chic ! Le Arte Kino Festival !
    J’avais participé à la première édition, mais honteusement laissé passer les deux suivantes…

    Merci à vous, Monsieur Père, pour ce rappel. Et à la chaîne pour cet engagement !

  2. Damien dit :

    Intéressant !
    Les films sélectionnés doivent-ils obligatoirement être européens pour y participer ?

  3. Damien dit :

    Olivier, j’avais une question qui n’a rien avoir avec ce festival…
    Je m’interrogeais sur la phrase de Bazin
    « Le cinéma disait André Bazin substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. »
    J’ai le sentiment qu’aujourd’hui ce monde qui s’accordait à nos désirs est devenu un monstre incontrolable…avec la profusion des images de richesses, de pornographies, de surpuissance dans la violence… des images accessibles au plus grand nombre même très jeunes avec internet et Facebook…
    Ce monde fantasmé est devenu tellement énorme qu’il concurrence la réalité au point de vouloir la remplacer. Ou du moins, on laisse croire que l’argent permetrait d’accéder à ce monde.
    Les gens ne se contentent aujourd’hui plus de rêver mais veulent vivre ce qu’ils voient, consommer dans la vraie vie ce qu’ils voient sur l’écran.
    Bien sûr, cela n’est pas possible pour tous. Et du coup, cela entraîne d’énormes frustrations.
    Par exemple, les clips de rap avec des mannequins presque nues, le luxe et la richesse affichée (piscine, maison, voiture de sport…) s’adressent souvent à des personnes défavorisées de banlieues. Est-ce que ces frustrations peuvent entraîner des comportements dangereux comme la violence, la radicalisation, les viols, les féminicides dont on parle beaucoup en ce moment?
    Pourriez vous me conseiller des films ou livres qui ont pour thème cette extrapolation de la phrase de Bazin, qui montrent que la violence vient de la frustration et que la frustration vient des images ?
    Merci !
    Cordialement,
    Damien

  4. Jo dit :

    Le site artekino ne fonctionne pas sous Firefox, ce que je trouve relativement honteux!!! Du coup, je ne peux pas y accéder.

  5. msieur.hulot dit :

    Hier, impossible de visualiser les films avec un navigateur sur tablette ou mobile par contre j’y suis arrivé sur PC. Également impossible d’utiliser l’appli Android. Par contre aujourd’hui après une MAJ de l’appli Android , ça fonctionne avec en plus le plaisir de pouvoir caster les films sur la TV. Quel confort par rapport aux éditions précédentes ! Je vais pouvoir me régaler. Merci ARTE .

    • Olivier Père dit :

      Bonjour FestivalScope me confirme que le festival est normalement accessible avec Firefox Il faudrait simplement que vous fassiez une mise à jour de votre navigateur.
      bien à vous,

  6. Damien dit :

    Olivier,
    Vous n’avez pas été inspiré par ma réflexion sur la citation de Bazin…? J’aurai beaucoup aimé vous lire sur ça.
    J’espère que vous ne vous êtes pas désormais spécialisé sur la technologie du web et les mises à jour de Firefox…
    Votre immense culture cinématographique est un phare qui nous éclaire.
    Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude (Camus).
    Libérez nous Olivier

    • Olivier Père dit :

      Désolé Damien de vous répondre si tard, mais il faut un peu de temps pour démêler tout ça.
      En épigraphe du Mépris, Jean-Luc Godard attribue à André Bazin la citation suivante :

      « Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs. »

      Or il est certain que Bazin n’a jamais écrit ça : c’est même une phrase à l’opposée de sa pensée philosophique sur le cinéma, art de l’enregistrement du réel. Godard le sait et il cite en fait un jeune critique de l’époque, Michel Mourlet, qui fait partie du groupe des MacMahoniens, cinéphiles amateurs de cinéma américain classique.

      Cette citation vient en fait de l’article de Michel Mourlet « Sur un art ignoré », véritable manifeste des MacMahoniens. La citation exacte est la suivante :

      « Le cinéma est un regard qui se substitue au nôtre pour nous donner un monde accordé à nos désirs. »

      Cette erreur d’attribution est volontaire. Godard a probablement dû être marqué et troublé par cette lecture. Il en a retiré une phrase, mise en exergue de toutes les versions du scénario du Mépris et prononcée par une voix anonyme au générique : (…) Godard avait vraiment été frappé par l’idée générale – remarquable définition du cinéma classique – , mais il ne s’était pas privé de sensiblement transformer la formulation et avait surtout attribué la pensée à André Bazin. Il existe désormais une petite bibliothèque sur le sujet…
      Mourlet et les MacMahoniens valorisaient le cinéma américain classique, l’héroïsme, l’action, les corps idéalisés, et honnissaient par-dessus tout la modernité des années 1960. Au fond cette phrase est absolument antinomique de la pensée de Bazin, apôtre de la vérité de l’enregistrement pour qui la vocation du cinéma n’était nullement de substituer au monde tel qu’il est un avatar s’accordant à nos désirs. C’est donc une étrange facétie de Godard d’avoir inventé la citation la plus reprise de Bazin à partir d’une phrase qui n’était pas de lui et trahissait même complètement sa pensée. « Le cinéma substitue à notre regard… » peut en tout cas légitimement prétendre au titre d’aphorisme le plus faussement attribué de l’histoire de la critique. C’est un des paradoxes de Godard, cinéphile amateur de cinéma hollywoodien, admiratif de la pensée de Bazin, et qui va une fois devenu cinéaste briser l’image action et révolutionner les formes cinématographiques classiques.

      • Olivier Père dit :

        c’est sans doute une intention ironique de Godard d’ouvrir son film sur cette citation, puisque Le Mépris pose un regard désenchanté sur les coulisses du cinéma, usine à rêve et à désirs, alors que la réalité est toute autre, et que le film raconte avant tout l’histoire d’un couple qui ne se désire plus, et d’une industrie moribonde qui ne fait plus rêver.

  7. Damien dit :

    Passionnantes les coulisses sur cette citation. Merci beaucoup pour nous avoir éclairer sur ça !
    C’est vrai que Le Mépris confronte la réalité du monde du cinéma au fantasme qu’il peut engendrer dans l’esprit du public.
    Cette confrontation entre la réalité et ce monde fantasmé est vraiment le thème d’après moi de
    Mulholland Drive où l’histoire décrit la chute et le suicide d’une jeune actrice qui n’a pas réussi à percer. Lynch mélange la triste réalité de sa vie et sa vue fantasmée, sa vie d’actrice star qu’elle n’aura jamais. Pour elle, rentrer dans cet univers merveilleux se fait par la masturbation qui active son imaginaire, son desir (le désir de Bazin) mais elle n’y arrive plus et se retrouve bloquée contre un mur  qu’elle n’arrive plus à franchir. Et elle finira par se suicider.
    Au départ quand elle arrive à Hollywood poussée par ses parents, elle a les yeux pleins de rêves…
    Comme aussi showgirls de Paul verhoven. Il y a un film qui m’intrigue sur cette même thématique Vox Lux ( j’aimerais beaucoup connaître votre avis sur ce film ) qui joue aussi sur le piège des images dans le star système et aussi chez les terroristes qui filment leurs attaques sanglantes pour avoir une visibilité, une notoriété comme une chanteuse qui fait un clip…
    La manipulation par les images, Le miroir aux alouettes…
    Autre exemple, scarface. Al Pacino rêve devant les publicités, les posters de couché de soleil, quand Elvira descend du ciel avec l’ascenseur mais il se rend compte que pour aller dans ce monde de richesse il faut devenir un monstre.
    Ce serait bien si vous faisiez une thématique sur des individus piégés par les images sur Arte a travers une série de films… Les images, le cinéma au service de la manipulation des gens pour leur masquer la réalité et les conduire où l’on veut, comme la fausse mouche très jolie multicolore qui cache l’hameçon.
    C’est un peu aussi le mode opératoire des religions…Il y a création d’un monde faux pour piéger les gens et eux n’ont seulement se font piéger mais en plus parfois ils ne sortent pas de ce piège, de ce monde… ils y restent enfermé. Ils y croient plus qu’en la réalité. Comme le jeune Hamed des frères darden.
    Aujourd’hui, je discutais avec un médecin qui va voir en prison des hommes condamnés pour viol et la grande majorité lui expliquait que ce sont les images de la pornographie qui les avaient fait passer a l’acte. Je trouve qu’il n’y a pas de réflexion aujourd’hui sur la responsabilité des images. Peut être je l’ignore. Si vous aviez des films qui traitent de cette thématique, je serai preneur.
    Le piège, l’appât c’est toujours l’image qui promet le bonheur.
    Et quand ce bonheur n’est pas accessible, il crée des frustrations qui conduisent à la violence.
    La famille idéale, le regard des autres… Le médecin m’expliquait que pour les feminicides souvent c’était une rupture entre l’image idyllique montrée aux autres, l’image de la famille parfaite qui s’effondre par la volonté de départ de la femme. Séparation que l’homme ne supporte pas… Par peur du qu’en dira t-on, par peur d’une perte de domination et de masculinité. Ce docteur m’expliquait que contrairement à ce que l’on pense, le feminicide n’est pas un coup de trop, un accident, une colère incontrôlable pendant quelques minutes… mais qu’il est dans la majorité des cas prémédité. L’homme sait qu’il va tuer sa femme plusieurs semaines avant.
    Tout ça est en lien avec la phrase de Bazin. Le monde fantasmé qui piège les gens et qui s’écroule pour laisser place à la violence.

  8. Benoit dit :

    Bonsoir,
    J’ai réussi à voir un film il y a 4 ours sans aucuns problèmes.
    Mais depuis hier il m’est impossible accéder au site artekino.
    J’utilise google chrome.
    Merci

  9. Betty dit :

    Bonsoir Olivier,
    Comment faire pour tenter de gagner un voyage au prochain festival de Locarno ?
    Ma deuxième question est : pour quelle raison le film  » Sons of Denmark » n’est pas disponible ?
    Dans l’attente de vous lire.

    • Olivier Père dit :

      Bonsoir Betty, il y aura un tirage au sort à la fin du festival. c’est sans doute parce que toutes les places en France ont été utilisées pour ce film, à moins d’un couac technique. Il y a déjà quelques films qui sont complets sur le territoire français. merci,

  10. Betty dit :

    Merci à vous.

    • Olivier Père dit :

      Betty après vérification il reste des places pour Son of Denmark, le film n’est pas complet. Peut-être est-ce que vous visionnez depuis un territoire restreint par le vendeur ?

  11. Betty dit :

    Bonjour Olivier ,
    Non ; mais Je peux désormais voir le film . Maintenant le bouton bleu  » Voir le film  » est affiché comme pour le reste des films. Au même endroit avant , il était noté  » film indisponible ». Merci d’avoir fait le nécessaire.

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