Olivier Père

Cyrano de Bergerac : rencontre avec Jean-Paul Rappeneau

Rencontre avec Jean-Paul Rappeneau dont le film Cyrano de Bergerac (1990) est diffusé sur ARTE mercredi 19 décembre à 20h55, en version restaurée, dans le cadre de notre cycle Gérard Depardieu. 

Gérard Depardieu dans Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau

Gérard Depardieu (au centre) dans Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau

Catégories : Rencontres · Sur ARTE

4 commentaires

  1. Aliocha dit :

    Merveilleux film que ce Cyrano… Et quelle cohérence dans la filmo de Rappeneau quand on s’y replonge, comme je l’ai fait récemment (j’ai complété en découvrant La Vie de Château, il me manque plus que le Hussard à présent et c’est bon !)… Avec ces personnages qui se croisent et tentent de vivre leurs petits-grands sentiments qui pourraient sembler insignifiants dans des situations de conflits, de guerre ou de bouleversements, cette façon géniale de faire circuler tout ça avec une grâce totale, l’air de rien, jusqu’à la conclusion…
    Belles Familles est à dire vrai peut-être le plus risqué de tous ses longs métrages puisque là, le conflit ou le danger n’existe pas de façon précise (je veux dire comme par exemple avec les « méchants » et cet inoubliable « monsieur Nash » dans l’inusable et parfait Tout feu tout Flamme que j’ai vu je ne sais combien de fois !!), et ici les intrigues se concentrent à fond sur les personnages, leurs histoires personnelles, leur passé qui revient, les couples qui se forment ou se déchirent… C’est fascinant.
    Mais quant à Cyrano, ah, Cyrano… Je crois que les dernières minutes de ce film (que je ne spoilerai pas au cas où quelqu’ un ne l’aurait pas encore vu ou n’aurait jamais vu-lu la pièce) constituent la fin la plus simplement poétique et la plus belle, à en avoir la gorge serrée et le coeur qui implose, de tout le cinoche français de ces quarante dernières années, ex-aequo (selon moi, et dans un tout autre genre, certes) avec la sublime conclusion du Mortelle Randonnée de Miller dont les derniers plans me laisseront toujours dans le même état d’admiration et d’émotion silencieuse après mille visions…

    • Olivier Père dit :

      Merci pour votre commentaire Cyrano est un très beau film ainsi que Le Hussard sur le toit que nous diffusons dimanche, trop sous-estimé au moment de sa sortie et qui compte parmi les grandes réussites de Rappeneau. C’est vrai que La vie de Château et Tout feu tout flamme sont des modèles de comédies françaises sophistiquées (nous les avons diffusées sur arte cette année) je suis moins convaincu par les deux derniers films de Rappeneau (Bon voyage malgré la participation de Modiano et Belles familles).

  2. Aliocha dit :

    Oui, c’est d’ailleurs grâce à vous et votre chaîne que j’ai découvert La Vie de Château, et c’est tombé pile à l’époque (ô joie !) justement où j’avais décidé de revoir tous les Rappeneau et de découvrir ceux qui me restaient encore ! D’ailleurs, le gag (anecdote perso) c’est que j’ai mis des années à acheter Le Hussard sur n’importe quel support, et peu après l’avoir acheté en Blu-ray, je me rends compte sur un site de vente… qu’il allait ressortir en Blu-ray dans une version encore plus belle !! LOL Mais tant pis, je l’ai racheté comme j’ai racheté Cyrano…
    Je comprends vos réserves quant à Belles Familles parce que ma première vision en a été pas trop enthousiaste (l’absence clivante je pense de « danger », « grande histoire liée à petite histoire ») et il m’a fallu le revoir (justement en faisant le lien avec toute sa filmo) pour vraiment l’apprécier (un truc fascinant, l’air de rien, dedans, c’est comme par moments, grâce à la mise en scène, à la lumière, la façon dont il est dirigé, cadré, Amalric ressemble presque physiquement à Montand, acteur déjà dirigé deux fois par le réalisateur !…). Après, certes, ce n’est pas forcément le meilleur, loin de là, mais ce qui m’a plu c’est son côté hors des modes, totalement dans la continuité du cinémonde Rappenesque (tentons ce néologisme ;), et aussi le risque (avec réussite ou pas, selon chaque spectateur) d’être presque (presque seulement) un film « sur rien », porté par la seule grâce de son style, de son ton (c’est un peu un cliché, mais vous voyez ce que je veux dire, je crois que c’est Flaubert qui évoquait la possibilité d’une oeuvre « sur rien » ou sans sujet, je ne me souviens pas de la phrase précise)… Par contre, j’adore Bon Voyage pour la richesse romanesque, tous ses personnages, ce regard sur la littérature, l’Histoire… Mon seul bémol serait peut-être lié à Adjani, dans un rôle bizarrement faible (mais peut-être est-ce pour mettre en valeur le reste du casting, avec elle uniquement comme un élément de l’ensemble plutôt qu’en vedette, comme dans son rôle mémorable et drôle et charmant de Tout feu tout flamme)… Enfin voilà…

    • Olivier Père dit :

      Adjani mais aussi l’acteur principal ne sont pas très convaincants dans Bon Voyage. Elle a remplacé Sophie Marceau peu de temps avant le début du tournage je crois. Mais Depardieu est très bien dans un rôle secondaire.

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