Olivier Père

ARTE fait son cinéma

Du lundi 12 novembre au lundi 26 novembre sur l’antenne d’ARTE et sur arte.tv se déroulera la cinquième édition de notre festival de cinéma. Programmé tous les deux ans, le festival d’ARTE réunit les productions les plus récentes de la chaîne. Une quinzaine de films, diffusés pour la première fois en clair, illustrent la politique audacieuse d’ARTE et son soutien fidèle au cinéma d’auteur du monde entier. Cette année, la programmation sera particulièrement belle et européenne, avec une moisson de films souvent découverts au Festival de Cannes ou à la Berlinale : Toni Erdmann de Maren Ade, la fable animée La tortue rouge de Michael Dudok de Wit (photo en tête de texte), les revigorantes provocations de Ma Loute de Bruno Dumont, l’émouvante comédie dramatique de Nanni Moretti Mia Madre, mais aussi L’Avenir de Mia Hansen-Løve avec Isabelle Huppert, Ours d’argent de la mise en scène à la Berlinale, ou Stefan Sweig, adieu l’Europe de Maria Schrader… Tous les films seront également disponibles gratuitement en télévision de rattrapage pendant sept jours ou plus.

Certains titres résonneront avec l’actualité du cinéma dans les salles, témoignages de la fidélité qui s’est instaurée entre ARTE et les cinéastes. Amanda de Mikhaël Hers, avec Vincent Lacoste et Stacy Martin, sortira le 21 novembre, deux jours après la diffusion de son film précédent, Ce sentiment de l’été, dans le cadre de notre festival. ARTE France Cinéma a aussi coproduit les prochains films de Mia Hansen-Løve : Maya sortira le 19 décembre tandis que le tournage de Bergman Island, son premier long métrage en langue anglaise interprété par Vicky Krieps et Mia Wasikowska, a débuté cet été. Nous avons déjà eu l’occasion de parler de la plupart de ces films sur notre blog et d’en vanter les qualités. Les entretiens vidéos réalisés avec leurs auteurs seront de nouveau disponibles sur le site d’ARTE pendant le festival.

Nanni Moretti et Margherita Buy dans Mia Madre de Nanni Moretti

Nanni Moretti et Margherita Buy dans Mia madre de Nanni Moretti

Le programme de ARTE fait son cinéma

Lundi 12 novembre

20h50 Toni Erdmann de Maren Ade

23h25 Soy Nero de Rafi Pitts

Mercredi 14 novembre

20h55 La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit

23h00 Olli Mäki de Juho Kuosmanen

Vendredi 16 novembre

20h55 Les vieux espions vous saluent bien de Robert Thalheim

Samedi 17 novembre

0h15 Court-circuit , le magazine du court métrage :
Travelers de Gabrielle Culand, Make it soul de Jean-Charles Mbotti Malolo suivi du moyen métrage Même le vent semble pleurer de Jean-Gabriel Périot

Dimanche 18 novembre

20h50 Mia madre de Nanni Moretti
22h30 Volupté singulière de Sven Taddicken

Lundi 19 novembre

20h55 L’avenir de Mia Hansen-Løve
22h30 Ce sentiment de l’été de Mikhaël Hers

Mercredi 21 novembre

20h55 Stefan Zweig, adieu l’Europe de Maria Schrader

23h00 Mercenaire de Sacha Wolff

Lundi 26 novembre

20h55 Ma Loute de Bruno Dumont

 

Catégories : Actualités · Coproductions · Sur ARTE

6 commentaires

  1. Philippe Montonna dit :

    On saluera la démarche mais on peut s’interroger, un peu chagrin, sur le fait qu’il faille le cadre d’une manifestation précise liée à la création encouragée ou financée par Arte pour offrir désormais sur la chaîne en diffusion télé et en clair, à des horaires satisfaisants, pareille diversité linguistique ou géographique cinématographique (terriblement réduite certaines semaines, comme par exemple celle du 20 au 26 octobre, d’une pauvreté agaçante, avec des films très moyens ou très accessibles, et comme d’habitude à l’heure actuelle, en majorité d’origine anglo-saxonne et française), et une vraie exigence en termes de programmation de cinéma d’auteur qui semble hélas devenir l’exception et non la règle comme cela fut le cas à une époque qui vraiment, mois après mois (et c’est pour cela que je radote et que je m’acharne, certes) paraît de plus en plus lointaine…

    En outre, je suis peut-être décidément très bête mais je n’ai toujours pas compris pourquoi certains mois – apparemment mai pour Cannes, la mi-automne et une partie de l’hiver sauf Noël – paraissent plus « auteur »
    friendly que d’autres en ce qui concerne la programmation ! Moins de pression d’audimat face à la TNT ? Plus de
    chances que des gens osent le cinéma un tantinet plus radical parce qu’il pleut et fait froid à
    l’extérieur LOL ?… Cela m’échappe, j’avoue…

    • olivierpere dit :

      oui vous avez compris la programmation spéciale Cannes au mois de mai c’est parce que le Festival de Cannes a lieu en mai.
      Mi-automne c’est parce que cela colle avec la rentrée – et la rentrée est une grosse période de sorties de films en salles aussi.

      • Philippe Montonna dit :

        OK, je comprends mieux, alors… Mais moi je dois être un animal bizarre en voie de disparition LOL qui peut même se mater un Tarkovski un soir de juillet et… aimer ça ! LOL

  2. Philippe Montonna dit :

    Pour la faire plus court (parce que je sens que je suis peut-être un peu confus dans mon autre message avec ma « toujours même geinte » pour citer Rimbaud qui aimait bien lui aussi se plaindre), je me contenterai de vous citer : « la politique audacieuse d’ARTE et son soutien fidèle au cinéma d’auteur du monde entier », puis de m’interroger encore une fois en espérant avoir une réponse précisément sur ce sujet :
    Pourquoi cette « politique audacieuse » et ce « soutien fidèle au cinéma d’auteur du monde entier », je n’ai pas l’impression de les retrouver (pourtant en toute logique ce devrait être le cas) sur mon poste de télé, à l’heure actuelle (ou prochainement, cf. programmation du 20 au 26 octobre), quand je regarde votre chaîne ?

    • olivierpere dit :

      ah bon ? Mr Turner de Mike Leigh et Van Gogh de Pialat en prime time la même semaine vous ne trouvez pas ça bien ?

      • Philippe Montonna dit :

        Mike Leigh et Pialat en prime time c’est très bien (quoi que je sois plus fan perso de Pialat dont j’ai vu tous les films que de Leigh, mais peut-être parce que je connais justement moins bien son oeuvre, ayant tout de même adoré Naked à l’époque pour son incroyable qualité d’écriture), mais bon, comment dire…

        C’est encore une fois de la langue anglaise et de la langue française, or, si je pige bien qu’une chaîne franco-allemande se doit je suppose de programmer du cinéma français et allemand, j’avoue que je comprends moins la volonté de privilégier le cinéma de langue anglaise (même s’il est souvent excellent voire fondamental pour tout cinéphile qui se respecte, cf. Ford, Kubrick, Welles, Powell, Hitchcock, Hawks, Malick, Lynch, Altman, Scorsese, etc. etc.), au détriment du reste du monde (rien qu’en termes d’horaires), à part pour des raisons liées au fait de « moins faire peur » au téléspectateur moyen…

        Par exemple, un film jordanien ou roumain, à l’heure actuelle sur la chaîne, passera à genre minuit ou une heure du matin… Pourquoi, à part pour des raisons d’audimat ? Qui sérieusement va veiller à partir de minuit pour voir un film jordanien un soir de semaine (et je sais que y a la VOD mais allumer la télé c’est bien aussi) ? Alors que franchement moi ça me rend dingue de curiosité et de bonheur, de me dire que c’est si rare de voir un film par exemple de Jordanie ! Après, si c’est juste pour le principe de se dire, OK, on l’a fait, on l’a passé, même à un horaire nase, c’est dommage aussi, non ?…

        Je repense à un propos de Godard, un genre de vanne où il s’était demandé pourquoi une chaîne de télé préférera toujours passer un mauvais film américain qu’un mauvais film turc LOL En fait, moi, je me demande plutôt pourquoi aujourd’hui ARTE choisira de passer en prime un film américain moyen et pas trop vieux (genre L’Homme qui murmure à l’oreille des chevaux, Pour le pire et le meilleur, etc.), ou un film américain plutôt vieux mais moyen (genre certains westerns franchement loin d’être les plus beaux) plutôt qu’un film italien génial et vieux, un film géorgien génial et vieux, un film turc génial et vieux, un film chilien génial et vieux, un film hongrois génial et vieux, un film portugais génial et vieux, etc. etc.

        Encore une fois, je comprends à peu près la logique (besoin aussi de renouveler la grille, de faire découvrir de nouveaux cinéastes), mais je pensais qu’en quelque sorte vous aviez la mission magique de faire vivre et revivre la cinéphilie la plus exigeante, en piochant dans un patrimoine mondial artistique inouï, pour transmettre « la flamme » quoi !… Voilà…

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