Olivier Père

Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch

Le Festival de Cannes approche et pour inaugurer une programmation spéciale cannoise riche en films ARTE diffuse lundi 30 avril à 20h50 Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch présenté en compétition en 2015. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours sur le site d’ARTE.

Après ses relectures inspirées du western (Dead Man) et du film noir (Ghost Dog : la voie de samouraï) Jim Jarmusch propose dans Only Lovers Left Alive une vision postmoderne du mythe du vampire. Adam et Eve sont des noctambules qui ont traversé les siècles, témoins désolés du déclin de notre civilisation. Vivants reclus dans les ténèbres, ils se nourrissent de sang humain en attendant la fin du monde. Le thème de la drogue traverse Only Lovers Left Alive, et Jarmusch n’est pas le premier à avoir tisser la métaphore entre vampirisme et addiction. Les créatures de la nuit sont des junkies en quête de leur dose de sang, établissant un réseau d’intermédiaires humains qui leur fournissent le précieux fluide sans qu’ils soient obligés de nécessairement tuer d’innocentes victimes. Jarmusch n’en fait pourtant pas le principal moteur de son film, qui carbure plutôt au spleen, à la musique – écoutée de préférence sur des vinyles de collection et à l’amour inconditionnel des deux amants à travers les âges et les continents. Jarmusch tempère la mélancolie de son film, son pessimisme foncier par de nombreuses touches d’humour noir et d’ironie.

Only Lovers Left Alive se déroule entre Detroit et Tanger, deux villes fantômes où le temps s’est arrêté. La première, en ruines, est devenu le symbole de la crise économique mondiale, tandis que la seconde charrie les souvenirs d’écrivains et de voyageurs célèbres. John Hurt incarne le dramaturge élisabéthain Christopher Marlowe, contemporain de Shakespeare, mais le personnage évoque surtout Paul Bowles et William S. Burroughs. Le film capte magnifiquement l’atmosphère de ces paysages urbains lors de déambulations nocturnes.

Tom Hiddleston et Tilda Swinton campent d’inoubliables vampires androgynes aux allures de rock stars. Ils forment un couple de dandys romantiques à la classe folle, dans ce film hypnotique qui compte parmi les plus beaux de Jim Jarmusch.

Tilda Swinton et Tom dans Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch

Tilda Swinton et Tom Hiddleston dans Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch

 

 

 

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Un commentaire

  1. Jaspert dit :

    Tilda Swinton ressemble à s’y méprendre à Thom Yorke, le leader du groupe Radiohead. Même si ça n’est pas si flagrant dans ce film que je serai heureux de redécouvrir grâce à Arte (j’ai déjà essayé, sans accrocher, et malgré l’insistance de mon beau-frère).

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