Olivier Père

Présumé innocent de Alan J. Pakula

Dans le cadre de son « printemps du polar » ARTE diffuse Présumé innocent (Presumed Innocent, 1990) de Alan J. Pakula lundi 9 avril à 20h50.

Ce thriller judiciaire s’articule autour de trois axes forts. D’abord la haine que se vouent plusieurs procureurs généraux concurrents, en pleine campagne électorale. Cette rivalité va jouer un rôle important dans le procès que raconte le film. Présumé innocent s’intéresse aussi à une crise conjugale et aux terribles secrets qui soudent un couple confronté à l’infidélité et à la jalousie.

Enfin, le film décrit le scandale ontologique que représente une jeune femme ambitieuse, indépendante et sexuellement libérée travaillant dans l’univers essentiellement masculin d’un cabinet d’avocats – elle est interprétée par la magnifique Greta Scacchi.

Désignée comme un danger et une menace, aussi bien pour la santé psychologique, la vie de famille et la carrière professionnelle des hommes qu’elle séduit, elle sera impitoyablement sacrifiée dès les premières minutes pour que la machine fictionnelle puisse se déployer.

Présumé innocent est le produit d’une époque. Il est sorti au début d’une décennie où la paranoïa envahissait dans le cinéma américain la sphère de l’intime (couple, famille) après avoir contaminé les milieux des médias, de la police et de la politique. Il n’est pas si étonnant de retrouver aux manettes du film Alan J. Pakula, l’une des principales signatures du thriller conspirationniste dans les années 70, sous une forme allégorique (À cause d’un assassinat) ou directement inspiré de l’actualité (Les Hommes du président). La photographie ténébreuse de Présumé innocent est signée Gordon Willis, chef opérateur emblématique du Nouvel Hollywood qui avait déjà travaillé avec Pakula sur Klute en 1971 : un autre film nimbé de puritanisme qui traitait par l’entremise d’une intrigue politico-policière des dangers et de la peur du sexe.

Greta Scacchi dans Présumé innocent de Alan J. Pakula

Greta Scacchi dans Présumé innocent de Alan J. Pakula

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13 commentaires

  1. Romuald Vasirevozovitch dit :

    Merci, vous me donnez envie de découvrir ce film que je ne connais pas d’un réalisateur que j’aime déjà bien.

    Rien à voir, mais frétillez-vous d’impatience dans l’attente de la sortie de READY PLAYER ONE le nouveau film de notre oncle Spielberg ?

    • olivierpere dit :

      Oui je frétille! Mais mercredi 28 mars il faut aussi aller voir Madame Hyde de Serge Bozon.

      • Globtopoulpe dit :

        Arf! J’espère que vous ressortirez indemne de cette épreuve… Comment peut on faire encore, en 2018, des films comme ça ???

        • olivierpere dit :

          Vous parlez du Spielberg ou du Bozon ?

          • Globtopoulpe dit :

            Je parle du Bozon. J’en ai assez de ces films français tous semblables, avec toujours les mêmes acteurs qu’on a trop vus, je suis terriblement désolé de dire ça.

          • olivierpere dit :

            C’est étrange que vous disiez cela à propos du film de Bozon qui ne ressemble absolument pas aux autres films français contemporains.

          • Sawyer dit :

            Moi, je n’ai pas vu un seul bon film français depuis 20 ans (les dernières choses estimables, c’était les Kieslowski dans les années 90).

            Même Xavier Dolan, j’accroche pas du tout.

            Pas vu un seul film de Bozon.

            En gros, il n’y a rien de réellement désirable et excitant en France, cinématographiquement parlant, c’est triste.

          • Jaspert dit :

            Vous dites nawak, Sawyer et Globtopoulpe. Vous n’êtes pas assez curieux ou ne devez pas voir les bons films. Désolé… Le cinéma français se porte bien, il y a quelques grands cinéastes en activités et des nouveaux qui apparaissent régulièrement… On a pas à en rougir !

          • olivierpere dit :

            D’accord avec vous Jaspert j’ai vu plusieurs premiers ou deuxièmes films français formidables pour 2018 une nouvelle génération se profile et elle apporte quelque chose d’absolument neuf. Et cela n’enlève rien à plusieurs grands auteurs en activité. En attendant on peut voir au cinéma Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico qui est une belle surprise.

          • Jaspert dit :

            A propos de grands auteurs en activité : avez-vous pu voir le nouveau film d’A. Kechiche ? Je serai très curieux de connaître votre avis sur ce film encore une fois très clivant qui suscite des réactions parfois étonnantes.

          • olivierpere dit :

            J’ai beaucoup aimé le nouveau film de Kechiche Mektoub, My Love : canto uno. A sa manière, un film historique. Il filme une époque révolue comme un oasis de bonheur et de plaisirs.

          • Sawyer dit :

            Le cinéma français a ses fanatiques… pardon, ses intégristes (ha, ha !).
            Je n’ai jamais aimé le cinéma français, donc, oui, je ne suis pas objectif (j’exècre la Nouvelle Vague, par exemple… et par ailleurs, je n’aime pas du tout le naturalisme du type Pialat ou Kechiche).
            Mais ce que j’entends par « excitant et désirable », ce sont des films comme « Le cercle rouge » et « Playtime » : il n’y a rien de comparable dans le cinéma français contemporain.

          • Jaspert dit :

            Merci pour votre avis, vous me confortez dans l’idée d’aller le voir en vitesse, moi qui suis un admirateur du cinéma d’Abdel Kechiche !

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