Olivier Père

Coup de torchon : rencontre avec Bertrand Tavernier

Dans le cadre de son cycle de trois films consacré à Bertrand Tavernier, ARTE diffuse Coup de torchon (1981) lundi 12 février à 20h50.

1938, en A.O.F. Lucien Cordier (Philippe Noiret), unique policier d’une petite bourgade africaine, est un être faible. Sa femme le trompe, les proxénètes le provoquent ouvertement, le représentant de l’ordre est la risée du village. Rabroué par son supérieur, Lucien entre dans une folie meurtrière et se transforme en ange exterminateur, bras armé de Dieu.

Tavernier adapte avec Jean Aurenche le roman de Jim Thompson 1275 âmes (Pop. 1280) publié en France en 1966 dans la collection Série noire. On ressent dans cette transposition de l’univers de Thompson dans l’Afrique coloniale d’avant-guerre l’influence du Voyage au bout de la nuit de Céline et du Voyage au Congo de Gide. L’usage intensif de la Steadicam et ses images flottantes renforcent la dimension métaphysique du film. Tavernier dépeint une galerie de personnages pittoresques ou monstrueux, avec un humour noir et presque surréaliste.

Le roman de Thompson a été publié en français en 2016 dans une nouvelle traduction intégrale de Jean-Paul Gratias sous le titre Pottsville, 1280 habitants, Paris, Payot & Rivages, coll. « Rivages/Noir » n°1013, 2016.

Philippe Noiret et Isabelle Hupper dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier

Philippe Noiret et Isabelle Huppert dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier

Catégories : Rencontres · Sur ARTE

Un commentaire

  1. ballantrae dit :

    Fabuleuse adaptation de J Thompson qui prouve combien B Tavernier est un fin lecteur et donc traducteur en film de récits.La verve le dispute à de vrais fulgurances furieuses où se fait jour une vision pessimiste totalement en phase avec ce monde à la fois célinien et faulknerien.
    Quelle bande d’acteurs soulignons le: de S Audran à E Mitchell en Momo en passant par G Marchand, JP Marielle et I Huppert et bien sûr le grand, l’immense Ph noiret qui a trouvé son personnage en dénichant le maillot de corps rose assez improbable.
    Un univers moite, sale où les petits blancs cuisent à petit feu dans leurs haines variées.Et un grand plaisir de cinéma bercé par l’unedes plus belles partitions de Ph Sarde qui fait décoller le film et ses plans mis en lumière avec précision ar P W Glenn vers des contrées sacrément dérangeantes.

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