Olivier Père

De l’or pour les braves de Brian G. Hutton

ARTE diffuse De l’or pour les braves (Kelly’s Heroes, 1970) de Brian G. Hutton dimanche 28 janvier à 20h55, en version restaurée.

Clint Eastwood est devenu une star mondiale grâce à trois films tournés loin des Etats-Unis, les westerns réalisés par Sergio Leone. A son retour à Hollywood, sa célébrité nouvelle lui donne accès à des films d’action dans lesquels il tient le premier rôle ou alors partage le haut de l’affiche avec d’autres vedettes. C’est le cas de Quand les aigles attaquent, excellent film de guerre où Eastwood forme un duo héroïque avec Richard Burton en 1968. Cette histoire d’une opération secrète des Alliés en territoire nazi, riche en suspens, reste l’une des réussites du film de guerre à grand spectacle à la mode dans les années 60. En 1970, Clint Eastwood retrouve le réalisateur Brian G. Hutton pour un autre film de guerre, au ton beaucoup plus décontracté et parodique que Quand les aigles attaquent. Cette fois-ci les producteurs ne lorgnent plus sur le succès des Canons de Navarone mais ont sans doute l’ambition de capitaliser sur la popularité des films de casse, avec un récit de vol de banque dans le contexte du Débarquement allié en France. Le scénariste de De l’or pour les braves est l’Ecossais Troy Kennedy-Martin, qui venait de signer L’or se barre (The Italian Job), l’histoire d’un braquage à grande échelle organisé par Michael Caine. De l’or pour les braves distribue aussi plusieurs clins d’œil appuyés aux westerns de Sergio Leone, en particulier Le Bon, la brute et le truand et sa chasse au trésor en pleine guerre de Sécession. Brian G. Hutton s’amuse à reproduire une séquence typiquement leonienne : trois aventuriers dépenaillés avancent vers leur ennemi dans une rue de ville fantôme, sur une musique qui rappelle celles d’Ennio Morricone. De l’or pour les braves raconte comment, Pendant la Seconde Guerre mondiale, des soldats américains sans scrupule profitent d’une opération militaire dans la campagne française (reconstituée en Yougoslavie) pour dérober un précieux dépôt d’or allemand. Kelly (Clint Eastwood) est l’instigateur de ce projet à l’audace folle, qui utilise les lourds moyens militaires investis pour libérer l’Europe du joug nazi à des fins beaucoup moins nobles. Mais l’acteur disparaît souvent du centre de l’écran au bénéfice d’une galerie de personnages cyniques, dingues, idiots, ou les trois à la fois, et qui veulent tous leur part du butin. Parmi cette bande de soldats excentriques on reconnaît deux rescapés du commando suicide des Douze Salopards de Robert Aldrich (bientôt sur ARTE), Telly Savalas et Donald Sutherland. De l’or pour les braves a fait l’objet en 1999 d’un remake non officiel, Les Rois du désert de David O. Russell, qui reprenait dans ses grandes lignes l’argument du film de Brian G. Hutton en le situant pendant la première Guerre du Golfe.

Donald Sutherland, Clint Eastwood et Telly Savalas dans De l'or pour les braves de Brian G. Hutton

Donald Sutherland, Clint Eastwood et Telly Savalas dans De l’or pour les braves de Brian G. Hutton

 

Catégories : Sur ARTE

3 commentaires

  1. MB dit :

    Et ben vous vous allez réussir à me faire voir enfin ce film que j’ai toujours pré-jugé comme opportuniste et prévisible (le cynisme ou matérialisme à la mode des années 60-70 qui me fait faire la grimace devant certains Leone). Révisons nos préjugés!

    • olivierpere dit :

      A vous de voir, mais si vous faites la grimace devant certains Leone je ne suis pas sûr que vous goûtiez à celui-là! C’est sympathique mais moins bien que Quand les aigles attaquent ou Les Douze Salopards. C’est d’ailleurs plus une comédie qu’un vrai film de guerre. Je me demande si le film a eu le temps d’être influencé par M*A*S*H de Robert Altman sorti quelques mois plus tôt. L’antimilitarisme était dans l’air du temps, guerre du Vietnam oblige. Mais l’influence du western italien ne fait aucun doute…

      • MB dit :

        Trop tard je le verrai quand même! Le cynisme complaisant des personnages de Leone (qui va infecter tout le western italien consécutif ou presque, exception: au moins Sollima) l’a quand même quitté pendant le BON LA BRUTE et après.

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