Olivier Père

Une question de vie ou de mort de Michael Powell et Emeric Pressburger

ARTE diffuse Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death, 1946) de Michael Powell et Emeric Pressburger lundi 16 octobre à 20h55. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours sur le site d’ARTE.

Dans le cockpit de son avion en flammes, un pilote anglais sur le point de sauter dans le vide déclare son amour à une jeune opératrice radio américaine. Une question de vie ou de mort débute ainsi par l’une des plus belles rencontres romantiques de l’histoire du cinéma. Mais la suite du film n’est pas avare en surprises et moments inoubliables.

A l’origine, Une question de vie ou de mort est une commande du Ministère de l’Information britannique, destinée à apaiser les querelles entre soldats anglais et américains en cette fin de Seconde Guerre mondiale. Mais les réalisateurs transforment ces intentions propagandistes en prodigieux mélodrame fantastique truffé d’inventions, d’effets spéciaux et d’une folle audace visuelle. A l’arrivée, Une question de vie ou de mort est un chef-d’œuvre du cinéma britannique, une sorte de conte philosophique inclassable dans la carrière de Powell et Pressburger, pourtant riche en excentricités et en longs métrages poétiques, baroques et expérimentaux.

Une question de vie ou de mort est une histoire d’amour qui défie la mort et se déroule à la fois sur terre et dans l’au-delà. Contre toute attente, notre monde est filmé dans un somptueux Technicolor, et le paradis en noir et blanc. Le film marque le début de la collaboration entre Powell/Pressburger et le directeur de la photographie Jack Cardiff, génial magicien de la couleur qui éclaira une longue série de classiques signés Hitchcock, Mankiewicz ou Fleischer. Mais c’est sans doute avec Powell et Pressburger que Cardiff a créé ses images les plus flamboyantes.

Une question de vie ou de mort de Michael Powell et Emeric Pressburger

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9 commentaires

  1. Sawyer dit :

    J’ai longtemps cru que Powell avait arrêté le cinéma après « Le voyeur » (son chant du cygne)… et puis je me suis aperçu qu’il n’en est rien : il a quand même réalisé 3 films (et quelques trucs pour la télé)… mais je n’en ai jamais entendu parler… et je ne sais même pas s’ils sont sortis en France…
    Une filmographie en berne les 30 dernières années de sa vie.
    Bon, comme dit De Palma (je ne sais pas, du reste, si c’est vrai) :
    « Un cinéaste réalise ses meilleurs films entre l’âge de 40 et 60 ans ».

    • olivierpere dit :

      En effet le grave échec critique et public du Voyeur a coulé la carrière de Powell. Mais il a bien dû continuer à travailler et à faire des films comme il le pouvait, acceptant des choses qui n’avaient rien de prestigieux. J’ai vu sa comédie They’re a Weird Mob avec Walter Chiari en immigré italien qui s’installe en Australie, sympathique mais anecdotique. Il a aussi réalisé Age of Consent en 1969 avec James Mason et Helen Mirren dans un de ses premiers rôles, que j’aimerai bien voir.
      c’est peut-être vrai pour les cinéastes du Nouvel Hollywood, mais n’oublions pas Bergman, Ford, Oliveira, Dreyer, Huston, Lang… qui ont réalisé de magnifiques oeuvres de vieillesse.

      • Sawyer dit :

        … Et Visconti qui réalise 5 films sublimes de 1969 à sa mort !
        Quant à Powell, oui, on ne saura jamais s’il aurait pu s’adapter au cinéma moderne des années 60 et 70.
        Peut-être qu’après « Le voyeur », le meilleur était peut-être encore à venir… qui sait…

      • ballantrae dit :

        Age of consent est bien.Tonalité mélancolique et drôle tour à tour , un peu comme certains Eastwood tel Bronco Billy.
        Mise en scène tout de même moins flamboyante qu’ à l’époque des Archers avec cette série de réussites magistrales qui va de Blimp aux Contes d’Hoffmann en passant par Black narcissus, Je sais où je vais ou encore Red Shoes.
        Sans oublier le chef d’oeuvre conçu en solo qu’est Peeping Tom.
        Powell est l’autre grand cinéaste total anglais de la période avec Hitchcock (même si celui-ci était passé aux USA) et le cinéma anglais est un continent à toujours redécouvrir, n’en déplaise aux anathèmes de Truffaut et JLG!

      • Frédéric Camus dit :

        Bonjour Olivier,

        pas possible de ne pas recommander chaudement les deux tomes de la merveilleuse autobiographie de Powell, lecture indispensable, et peut-être le meilleur livre de cinéma au monde (si, si…!!)

        • olivierpere dit :

          Je reconnais bien le powellien de la première heure! J’ai relu les passages que Powell consacre au Voleur de Bagdad dans le premier tome.

        • ballantrae dit :

          D’accord avec vous ces deux ouvrages sont fabuleux d’intelligence, de précision et possèdent une élégance d’écriture qui fait les meilleures autobiographies.
          Le meilleur , je ne sais car il y en a tellement et si différents les uns les autres…mais l’un des plus importants à avoir, à lire et relire c’est certain.
          il est formidable de diffuser A matter of life and death qui est le pendant anglais, baroque, onirique des comédies fantastiques américaines signées Capra ( La vie st belle), Lubitsch ( Heaven can wait), Borzage ( Liliom) ou Clair ( Ma femme est une sorcière) etc…
          Un festival visuel hallucinant d’élégance ( le Paradis est fabuleux) et d’audace ( la perte de conscience en caméra subjective avec fermeture des paupières).
          Powell est immense et vous avez raison de le crier haut et fort!!!

    • ballantrae dit :

      Il parait que son Barbe Bleue d’après l’opéra de Bartok est très beau mais il demeure invisible!

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