Olivier Père

A Girl at my Door de July Jung

ARTE diffuse A Girl at my Door (Dohee-ya, 2014) de July Jung lundi 10 juillet à 23h. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage pendant sept jours sur ARTE+7. La vitalité et l’excellence du cinéma coréen contemporain ne sont plus à démontrer. Elles se manifestent essentiellement au travers des œuvres des grands auteurs apparus dans les années 90 et 2000, période de l’explosion du cinéma coréen, sur le plan local et international, à l’exception de Im Know-taek qui fait figure de pionner. Il est réjouissant de voir que la relève est assurée avec ce premier long métrage signée par une jeune femme – il existe beaucoup moins de réalisatrices en Corée qu’en France ou dans d’autres pays d’Europe. Jeong Joo-ri, connue sous le pseudonyme de July Jung, est née en 1980. Cinéaste, scénariste et monteuse, elle a étudié le cinéma à l’université Sungkyunkwan sous la direction de Lee Chang-dong, l’un des réalisateurs les plus prestigieux de Corée, qui fut aussi écrivain et ministre de la culture. Lee Chang-dong, convaincu par le scénario de son élève, décidera de coproduire A Girl at my Door. Il est vrai que le premier long métrage de July Jong témoigne d’une maîtrise exceptionnelle et possède les qualités qui nous font aimer la production du pays du matin calme. A Girl at my Door est un drame psychologique raconté avec une tension et un suspens dignes d’un thriller, entre Lee Chang-dong (justement) et Bong Joon-ho première période – la meilleure. Young-Nam, jeune commissaire de Séoul, est mutée d’office dans un village. Elle se retrouve confrontée au monde rural avec ses habitudes, ses préjugés et ses secrets. Elle croise une jeune fille, Dohee dont le comportement singulier et solitaire l’intrigue. Une nuit, celle-ci se réfugie chez elle…

La sensibilité féminine et féministe du film tranche dans un pays où le cinéma dépeint souvent le machisme et le patriarcat qui cimentent une société encore très conservatrice. A Girl at my Door a le courage d’aborder plusieurs sujets tabous de manière frontale. Le film est violent, douloureux, mais évite la complaisance et fait preuve d’une grande justesse. Il faut saluer l’interprétation de Doona Bae dans le rôle de la femme flic, absolument parfaite. Doona Bae est l’une des meilleures actrices coréennes de sa génération, appréciée notamment dans les films de Park Chan-wook et Bong Joon-ho. C’est aussi l’une des seules à connaître une carrière internationale, avec des apparitions remarquées dans les films des Wachowski (Cloud Atlas) ou Kore-eda (Air Doll). Pour elle, et pour d’autres bonnes raisons, A Girl at my Door est à ne pas rater.

A Girl at my Door de July Jung

A Girl at my Door de July Jung

 

 

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