Olivier Père

White God de Kornél Mundruczó

ARTE diffuse White God (Fehér isten, 2014) de Kornél Mundruczó lundi 15 mai à 22h45. Ce long métrage, le sixième du réalisateur hongrois, avait été présenté au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard où il avait gagné le prix principal. White God sera également disponible en télévision de rattrapage sur ARTE+7.

White Dog est une fable apocalyptique où les chiens sont la métaphore de toutes les minorités opprimées, subissant le joug de l’homme jusqu’à la révolte finale. La horde de chiens qui s’empare de la ville au début du film – le récit procède par un long retour en arrière – évoque Spartacus et son armée de gladiateurs et d’esclaves rebelles. Le film narre l’amitié entre une jeune adolescente solitaire et son chien adoré. Mais une nouvelle loi impose le recensement des bâtards et la fourrière patrouille dans les rues de la ville pour capturer les chiens errants. Lorsque la gamine est séparée de force de son chien, elle entreprend une longue quête pour le retrouver, tandis que son fidèle compagnon traverse de nombreuses épreuves et fait l’expérience de la violence.

White God détient un record mondial : 274 chiens ont participé au tournage, sous la responsabilité des meilleurs dresseurs. Le résultat est parfois hallucinant, et les prouesses techniques de Mundruczó et son équipe, qui dirigent les chiens comme de vrais acteurs, laissent pantois. Le héros du film, le labrador Hagen, est interprété par deux chiens jumeaux, Luke et Body. Le film dépasse toutes les tentatives d’anthropomorphisme au cinéma, le plus souvent sous l’égide des productions Disney. À partir d’un postulat original, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó réussit un film à la mise en scène époustouflante et aux images inoubliables, avec un sens du suspens et du spectaculaire qui n’ont rien à envier à certains films d’anticipation anglo-saxons. Le formalisme de White God est beaucoup moins pesant que dans les films précédents de Mundruczó. Le cinéaste rejoint ici l’art monumental et allégorique de Miklós Jancsó, qui parvint à lui prodiguer des conseils de montage juste avant sa disparition.

White God
© Proton Cinema 2014/Sándor Fegyverneky

White God
© Proton Cinema 2014/Sándor Fegyverneky

 

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

2 commentaires

  1. MB dit :

    chef d’oeuvre absolu. Je l’ai découvert tardivement, signalé par un copain qui était tombé dessus par hasard à la médiathèque, il n’y a rien qui ressemble à ce film admirable.
    (je ne sais pas s’il y a une allusion volontaire à WHITE DOG, mais Fuller aurait trouvé le film génial)

  2. SOLENE CLEMENT dit :

    Je suis une élève de l’option cinéma du Lycée de Ribérac,

    J’ai choisi ce film afin de réaliser une critique sur celui-ci après sa visualisation. Récipiendaire du Grand Prix « Un certain regard » au festival de cannes 2014, ce film nous montre, d’un œil on ne peut plus sombre, les sociétés contemporaines, à-travers les destins parallèles d’une jeune adolescente et de son chien, dans une Budapest futuriste où les canins de races pures sont privilégiés aux croisés.
    Dans la première partie du film, White God est anodin, voire ennuyeux : je ne me suis pas passionné pour la mise en scène que je trouve passe-partout. Mais dans sa deuxième partie, le film prend un virage saisissant.
    On sent que White God est un cinéma porté par une vision, des images impressionnantes, construites avec une grande sensibilité visuelle (surtout au niveau des dernières séquences du film) Mais le mélodrame tissé autour de ces visions, même quand il tombe dans une violence dont l’arbitraire se voudrait signe d’horreur, est démonstratif, fatigant et toujours sentimental. Le fil même se perd quand, alors qu’Hagen se fait embrigader dans un réseau de combats de chiens clandestins, Lili craque pour un de ses copains de lycée et sort en boîte avec lui… C’est un éparpillement qui ne laisse au scénario qu’une bien maigre substance, pour un film à l’ambition visuelle si prononcée.

    Clément Solène, classe de seconde 2C.

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