Olivier Père

Le Parrain, 2ème partie de Francis Ford Coppola

ARTE diffuse Le Parrain, 2ème partie (The Godfather: Part II, 1974) dimanche 29 janvier à 20h45.

Encore plus longue et plus ambitieuse que le premier Parrain, cette deuxième partie confirme et développe les intentions initiales de Coppola : dépasser le contexte du cinéma criminel pour raconter une histoire du XXème siècle des Etats-Unis et explorer les rapports étroits entre économie, politique et mafia, de la fondation de Las Vegas en passant par le soutien à la dictature de Batista à Cuba.

Dans le deuxième Parrain, Michael Corleone (Al Pacino) devenu chef de famille rêve à l’enfance sicilienne puis à la jeunesse de son père Vito Corleone (Robert De Niro), immigré à New York au début du siècle. Ainsi l’ascension du père de simple commis à nouveau « protecteur » de la communauté italo-américaine et la chute du fils dans la violence et la solitude se croisent-elles au gré d’un montage virtuose. Tout ce que le patriarche avait réussi à bâtir, avec un sens inné des affaires et de la diplomatie et l’amour inconditionnel de ses enfants, Michael l’anéantira dans une frénésie paranoïaque et meurtrière. Le Parrain, 2ème partie, avec sa narration alternée et sa valse entre le passé et le présent, devient un voyage dans le temps et la mémoire, motif qui reviendra régulièrement dans l’œuvre de Coppola. Le Parrain, 2ème partie est une fresque aux dimensions d’un pays, ponctuée d’assassinats sanglants, mais c’est avant tout un drame intimiste sur une famille sur le point de s’autodétruire, emportée par la soif de vengeance et de pouvoir de Michael. Coppola met en scène une tragédie sanglante et désespérée, nimbée par la lumière mordorée du grand directeur de la photographie Gordon Willis, ici au sommet de son art. Malgré plusieurs scènes spectaculaires comme les prémisses de la révolution cubaine ou l’arrivée du jeune Vito à Ellis Island, le film impressionne par ses regards, ses silences et ses longs conciliabules dans le secret des bureaux ou des chambres d’hôtel. Entouré de seconds rôles géniaux brillamment choisis et dirigés par Coppola – mentions spéciales à Lee Strasberg, directeur de l’Actors Studio, et bien sûr Robert De Niro – Al Pacino livre dans Le Parrain, 2ème partie l’une des interprétations les plus intenses de l’histoire du cinéma.

 Don Vito Corleone (Robert De Niro, re.) © Paramount Pictures Foto: ARTE France Honorarfreie Verwendung nur im Zusammenhang mit genannter Sendung und bei folgender Nennung "Bild: Sendeanstalt/Copyright". Andere Verwendungen nur nach vorheriger Absprache: ARTE-Bildredaktion, Silke Wšlk Tel.: +33 3 881 422 25, E-Mail: bildredaktion@arte.tv

Robert De Niro dans Le Parrain, 2ème partie de Francis Ford Coppola
© Paramount Pictures

Robert De Niro dans Le Parrain, 2ème partie de Francis Ford Coppola © Paramount Pictures

Al Pacino dans Le Parrain, 2ème partie de Francis Ford Coppola
© Paramount Pictures

 

Catégories : Sur ARTE

Un commentaire

  1. JICOP dit :

    Un deuxième volet supérieur à mon sens au premier .
    Des compositions époustouflantes des acteurs et une construction scénaristique alternant l’itinéraire de Vito Corléone et celui de Michael son fils à deux époques différentes .
    On retrouvera cette construction de manière encore plus complexe dans le chef d’œuvre de Sergio Leone  » Il était une fois en Amérique  » .
    C’est une tragédie Shakespearienne ou Pacino compose une sorte de roi Lear paranoiaque et fratricide , s’isolant toujours plus et détruisant tout autour de lui .
    La mise en scène est magistrale et amène un sentiment quelque peu amer , au moment ou Coppola lance un jeu vidéo inspiré par  » Apocalypse Now  » …
    Enfin c’est une nouvelle fois l’occasion de saluer la mémoire d’un des meilleurs acteurs de sa génération , et trop tot disparu : l’immense John Cazale .

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