Olivier Père

La Plus Belle Soirée de ma vie de Ettore Scola

A partir du mercredi 18 janvier on pourra revoir La Plus Belle Soirée de ma vie (La piu bella serata della mia vita, 1972) de Ettore Scola au cinéma, à la Filmothèque du Quartier Latin à Paris.

Lors d’un déplacement en Suisse italienne, à Lugano dans le Tessin, où il vient récupérer une importante somme d’argent sur un compte non déclaré pour échapper au fisc de son pays, le docteur Rossi tombe en panne sur une route de montagne, après y avoir suivi une séduisante jeune femme à moto. Sa valise remplie de billets de banque il demande alors de l’aide au vieux résident d’un château afin d’y être hébergé pour la nuit et y rencontre trois autres magistrats à la retraite. Dès lors, les quatre hommes vont passer en revue la vie du docteur sous forme de procès.

Cette comédie très noire de Scola, une des plus belles réussites du réalisateur italien, est adaptée d’une pièce radiophonique de l’écrivain Suisse Friedrich Dürrenmatt « La Panne », écrite en 1959 et qui deviendra un roman quelques années après la sortie du film.  L’esprit cruel et satirique, teinté d’absurde et de fantastique, se retrouve dans cette fable grinçante qui dénonce les bassesses d’une bourgeoisie obsédée par l’argent et sans aucune morale. Sordi, génial et hilarant comme d’habitude excelle dans ce rôle d’Italien archétypal qu’il interprétera dans plusieurs films, grandiose à force de veulerie, de malhonnêteté et la fanfaronnade, parvenant à rendre sympathique les plus odieuses crapules.

Alberto Sordi et Pierre Brasseur dans La Plus Belle Soirée de ma vie

Alberto Sordi et Pierre Brasseur dans La Plus Belle Soirée de ma vie

Là où Comencini, Risi et Monicelli quittent rarement le domaine de l’observation sociale, Scola ose un film en forme d’allégorie, avec un procès kafkaïen et un tribunal constitué de vétérans du cinéma français, Michel Simon, Pierre Brasseur, Charles Vanel et Claude Dauphin qui s’en donnent à cœur joie. La très sexy Janet Agren, actrice suédoise familière des films bis transalpins, idéale en motocycliste gainée de cuir puis en soubrette aguicheuse, ajoute au charme étrange de cette comédie italienne pas comme les autres, objet de culte auprès de nombreux cinéphiles.

Pierre Brasseur et Janet Agren

Pierre Brasseur et Janet Agren

Catégories : Actualités

3 commentaires

  1. ballantrae dit :

    Cela donne envie de découvrir (et je ne dis pas cela uniquement pour votre dernier choix iconographique ci dessus !).
    Scola est un cinéaste complexe qui doit être réévalué par ceux qui voyaient en lui un simple conteur nostalgique.
    Il n’y a pas à le comparer à Fellini son mentor car ils sont très différents et il faut découvrir son dernier film Qu’il est étrange de s’appeler Federico, magnifique hommage au maestro.
    Je trouve pour ma part étrange que la cinéphilie des années 2010 laisse de côté Fellini alors que son génie éclairait les dernières décennies du XX ème siècle et que l’adjectif « fellinien » faisait immédiatement sens pour tous.

  2. Regnault dit :

    La scène du rêve est grandiose.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *