Olivier Père

Sur le tournage de La Femme de la plaque argentique de Kiyoshi Kurosawa

ARTE diffuse Shokuzai le jeudi 23 juillet dans son cycle asiatique. C’est l’occasion de revenir sur le tournage du premier film français de Kiyoshi Kurosawa La Femme de la plaque argentique qui s’est déroulé du 18 février au 20 avril dans Paris et ses environs. Ce long métrage coproduit par Les Productions Balthazar, Film-In-Evolution et ARTE France Cinéma est actuellement en montage.

Nous étions le jeudi 26 mars sur le vingt-sixième jour de tournage à Saint-Maur des fossés, dans un atelier d’usine transformé pour les besoins du film en studio photographique. Un espace fantastique, sombre et humide, dont la décoration renvoie à l’aspect intemporel et mental du film, un conte d’amour et de mort comme le cinéaste japonais les affectionne, une nouvelle histoire de fantômes et une réflexion sur le médium cinématographique.

Présents sur le plateau ce jour-là, Olivier Gourmet interprète Stéphane, un photographe fasciné par le procédé des daguerréotypes, et Tahar Rahim Jean, son jeune assistant.

Tahar Rahim sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

Tahar Rahim sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

Mis au point par Louis Daguerre en 1839 le daguerréotype produit une image sans négatif sur une surface d’argent pur, polie comme un miroir, exposée directement à la lumière. L’apparition de la photographie sur papier provoquera le déclin rapide de ce procédé complexe et long, mais qui a engendré des chefs-d’œuvre immortels – un daguerréotype s’il est bien conservé peut durer pour toujours – de l’art photographique.

Ce jour-là Kurosawa s’intéresse à la reproduction de ce cérémonial mystérieux. Stéphane / Olivier Gourmet, inquiet, procède à toutes les étapes de mise en place d’une prise de vue avec une vieille femme, la fixant sur une chaise dans une armature d’immobilisation.

Claudine Acs et Olivier Gourmet (au centre) répètent une scène de La Femme de la plaque argentique

Claudine Acs et Olivier Gourmet (au centre) répètent une scène de La Femme de la plaque argentique

Kiyoshi Kurosawa sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

Kiyoshi Kurosawa sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

Très concentré lors de la préparation des plans, Kiyoshi Kurosawa donne des indications très précises aux techniciens et aux acteurs par traductrice interposée, relayées par sa première assistante, tandis que son épouse reste constamment à ses côtés, souvent assise derrière le combo avec lui. Ce sont les deux seuls Japonais sur le tournage, qui se déroule dans une atmosphère extrêmement studieuse et calme. Kurosawa est attentif au moindre détail, mais son regard semble percer quelque chose de beaucoup plus profond et lointain. Il s’entend très bien avec son directeur de la photographie qu’il a lui-même choisi, Alexis Kavyrchine qui a récemment signé les images de Vincent n’a pas d’écailles de Thomas Salvador, et aussi de nombreux documentaires. Le film sera en Cinémascope.

Constance Rousseau, Malik Zidi et Mathieu Amalric en complètent la distribution. La Femme de la plaque argentique révèlera ses secrets en 2016.

En attendant, on pourra admirer Vers l’autre rive, tourné juste avant au Japon, superbe mélodrame fantastique découvert à Cannes, le 30 septembre prochain sur les écrans français.

Et (re)voir Shokuzai sur ARTE demain soir.

Kiyoshi Kurosawa sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

Kiyoshi Kurosawa sur le tournage de La Femme de la plaque argentique

 

 

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