Olivier Père

L’Ami américain de Wim Wenders

Dans le cadre de son cycle en hommage à Wim Wenders qui fête ses 70 ans cette année (le 14 août) ARTE diffuse L’Ami américain (Der amerikanische Freund, 1977) le mercredi 29 juillet à 23h05.

Dans L’Ami américain Wenders filme la mort au travail. L’amour que porte Wenders au cinéma est d’essence morbide. Film sur la mort (de son héros mais aussi du cinéma), L’Ami américain est l’un des meilleurs titres de son auteur et une œuvre essentielle de l’esthétique postmoderne et d’une approche critique du film noir hollywoodien.

À Hambourg, un paisible artisan condamné par la médecine (Bruno Ganz, photo en tête de texte) est approché par un mystérieux intermédiaire (Dennis Hopper) qui lui propose un juteux contrat : une série d’assassinats dont le premier l’emmène à Paris. Dans les années 70, grâce à Alice dans les villes et Au fil du temps, Wenders est devenu l’un des principaux chefs de file du jeune cinéma allemand, le nouveau héros de l’errance existentielle, hanté par l’histoire de son pays mais surtout l’histoire du cinéma, ciné-fils de la modernité européenne, du rock et des mavericks du cinéma américain (principalement Nicholas Ray et Sam Fuller).

Dennis Hopper dans L'Ami américain

Dennis Hopper dans L’Ami américain

Cette adaptation libre de Ripley s’amuse de Patricia Highsmith marque l’étrange incursion dans l’univers du film noir d’un auteur européen, qui filme pour la première fois des personnages antipathiques et des scènes de violence. Pour cette histoire d’hommes comme il les affectionne, Wenders a confié les rôles secondaires à des amis cinéastes, Ray, Fuller, Eustache, Blain, Schmidt, qui campent pour la plupart d’inquiétants et fantomatiques gangsters. La seule femme du récit, l’épouse du héros (Lisa Kreuzer, compagne du cinéaste à l’époque) est mise à l’écart, puis réapparaît pour gêner l’amitié naissante entre l’apprenti tueur moribond et l’amoral Ripley. L’Ami américain, avec ses aventuriers fantômes et ses villes interchangeables, ses ambiances urbaines cafardeuses est un film hanté par la mort, constante de la première partie de l’œuvre de Wenders. Mais il marque aussi le début d’un goût affirmé chez Wenders pour l’imagerie cinéphilique et les références picturales, entre Edward Hopper et Jacques Monory. Le travail formaliste du directeur de la photographie Robbie Müller sur des surfaces de couleurs chaudes et très contrastées au milieu de la grisaille tend vers l’abstraction figurative et annonce l’esthétisme des années 80.

L’Ami américain est aussi disponible en Replay sur ARTE+7.

 

Cycle Wim Wenders sur ARTE

Mercredi 29 juillet – 20h50

Paris, Texas (1984) – film également disponible en Replay sur ARTE+7.

Mercredi 29 juillet – 23h05

L’Ami américain (1977) – film également disponible en Replay sur ARTE+7.

Mercredi 29 juillet – 01h10

Tokyo-Ga (1985) – film documentaire également disponible en Replay sur ARTE+7.

Lundi 3 août – 22h50

Au fil du temps (1976) – film également disponible en Replay sur ARTE+7.

Lundi 10 août – 22h50

Don’t Come Knocking (2005) – film également disponible en Replay sur ARTE+7.

Vendredi 14 août – autour de minuit

Court-circuit spécial Wim Wenders avec Polizeifilm (1969) et Silver City Revisited (1969) – émission également disponible en Replay sur ARTE+7.

Catégories : Sur ARTE

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