Olivier Père

Les Trois Mousquetaires de George Sidney

ARTE diffuse lundi 6 juillet après-midi à 13h35 Les Trois Mousquetaires (The Three Musketeers, 1948) de George Sidney. Des très nombreuses versions filmées du roman de Alexandre Dumas des origines du cinéma à nos jours c’est sans doute la meilleure, et la plus aimée du public. Sa popularité ne s’est jamais démentie depuis sa sortie.

Les Trois Mousquetaires de George Sidney

Les Trois Mousquetaires de George Sidney

Les Trois Mousquetaires est un chef-d’œuvre du film d’aventures historiques produit par la MGM, le premier d’une formidable série entreprise par la firme au lion qui comprend Scaramouche, Le Prisonnier de Zenda et Les Contrebandiers de Moonfleet. Le titre génial de Fritz Lang est à part en raison de sa noirceur et de la personnalité de son auteur, mais tous donnèrent au film de cape et d’épée ses lettres de noblesse. Les Trois Mousquetaires offre un sommet de l’esthétique flamboyante des productions hollywoodiennes à grand spectacle tournées en Technicolor. Le scénario de Robert Ardey (qui adaptera l’année suivante Madame Bovary pour Vincente Minnelli) propose un digest séduisant du roman de Dumas, fidèle à l’esprit sinon à la lettre de l’œuvre mondialement célèbre de l’écrivain français.

L’idée de génie est d’avoir confié le film à des ténors de la comédie musicale, devant et derrière la caméra. Ils donnent au récit cette légèreté virevoltante, aux nombreux combats la précision et la virtuosité des ballets colorés des grands « musicals » de la MGM. Entouré d’une distribution cinq étoiles (Lana Turner en Lady de Winter, Van Heflin en Athos, Vincent Price en Richelieu…) Gene Kelly campe un D’Artagnan plein de fougue et d’énergie, la même année que le merveilleux Pirate. Un danseur qui interprète un mousquetaire, fine lame et valeureux combattant, cela annonce les formidables chorégraphies guerrières des films de sabre chinois, où les acteurs acrobates rivalisent de grâce et de souplesse. Gene Kelly est l’ancêtre blanc des stars chinoises Jackie Chan ou Jet Li, héros de films historiques qui puisent autant leur inspiration dans l’opéra de Pékin et le « wu xia pian » traditionnel que dans les classiques hollywoodiens, comme on pourra le vérifier sur ARTE à l’occasion de notre cycle asiatique.

 

 

 

 

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