Olivier Père

La Rivière rouge de Howard Hawks

Dans le cadre de son cycle western ARTE diffuse demain soir La Rivière rouge (Red River, 1948) de Howard Hawks, avec John Wayne et Montgomery Cift.

En 1851, après le massacre de leur convoi, Tom Dunson (John Wayne), son fils adoptif Matt (Montgomery Clift) et son ami Groot (Walter Brennan) trouvent une terre près du Rio Grande et s’installent comme éleveurs. Des années plus tard, ils doivent convoyer un énorme troupeau.

Il s’agit du premier western de Howard Hawks qui avait auparavant offert au film de gangsters (Scarface), au film noir (Le Grand Sommeil) à la comédie (L’Impossible Monsieur Bébé) au film d’aventures (Seuls les anges ont des ailes) ou de guerre (Sergent York) quelques-uns de leurs plus parfaits représentants. Ecrit par Borden Chase (futur scénariste des grands westerns d’Anthony Mann avec James Stewart), La Rivière rouge tend aussi à la perfection et se révèle un titre matriciel du genre américain par excellence, mais aussi des grands classiques à venir de Hawks qui signera au moins deux autres chefs-d’œuvre absolus du western, La Captive aux yeux clairs (1952) et Rio Bravo (1959) qui reprend en partie le conflit générationnel au cœur de La Rivière rouge.

La Rivière rouge est aussi un titre important dans la carrière de John Wayne, puisque le film de Hawks lui offre un rôle d’une grande complexité psychologique grâce auquel l’acteur peut démontrer l’étendue de son talent, avec une subtilité rarement exprimée auparavant. C’est une ambigüité et une émotion comparables que Wayne retrouvera quelques années plus tard dans La Prisonnière du désert de John Ford, autre fresque intimiste étalée sur une longue période et de longs déplacements sur les étendues sauvages de l’ouest américain. La Rivière rouge bénéficia de moyens techniques et financiers colossaux et inhabituels pour un western. L’envergure hors du commun du film ne concerne pas uniquement la gestion spectaculaire des grands espaces et des scènes d’action, mais aussi la puissance des relations entre les personnages. Ce sont avant tout l’affrontement entre Dunson et Matt, magnifiquement interprétés par Wayne et Clift (photo en tête de texte), et la mise en scène géniale de Hawks qui font de La Rivière rouge un film inoubliable.

 

La Rivière rouge sera rediffusé mardi 21 janvier à 13h35.

Montgomery Clift et Joanne Dru

Montgomery Clift et Joanne Dru

Catégories : Sur ARTE

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