Olivier Père

Cannes 2013 Jour 7 : Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (Cannes Classics)

Pour commémorer le 50ème anniversaire d’un des péplums les plus célèbres et les plus polémiques de l’histoire du cinéma, la 20th Century Fox, en partenariat avec Bulgari, présente une copie restaurée de Cléopâtre (Cleopatra, 1963) de Joseph L. Mankiewicz dans sa version intégrale de 243 minutes. La restauration numérique a été réalisée en 4K par la 20th Century Fox. La projection aura lieu en présence de Kate Burton, fille de Richard Burton et de Chris Wilding, fils d’Elizabeth Taylor.

Richard Burton et Elizabeth Taylor dans Cléopâtre

Richard Burton et Elizabeth Taylor dans Cléopâtre

C’est l’occasion de revoir ce film de Joseph L. Mankiewicz aux proportions colossales dans une superbe copie et d’avoir la confirmation que Cléopâtre, longtemps décrit comme un énorme fiasco en raison du gouffre financier qu’il fut pour la Fox et des conditions désastreuses de son tournage, débuté à Londres par Rouben Mamoulian, interrompu puis recommencé à Rome par Mankiewicz, qui faillit y perdre la santé et le goût du cinéma, est avant tout un film génial dans lequel Mankiewicz ne renonce en rien à sa conception de la mise en scène. Si Cléopâtre est le meilleur péplum parmi les grosses productions hollywoodiennes de l’époque, c’est qu’il privilégie l’intelligence des dialogues et la qualité de l’interprétation aux scènes de foules et de batailles. Le film s’inscrit ainsi davantage dans la tradition de George Bernard Shaw et William Shakespeare que du kitsch hollywoodien. Mankiewicz souhaitait d’ailleurs réaliser deux films distincts, Cléopâtre et Jules César suivi de Cléopâtre et Marc-Antoine, puis fut contraint de réduire son film à une durée plus « normale » de quatre heures environs. La première partie, avec Rex Harrison, est éblouissante, tandis que la seconde souffre un peu des aléas du tournage (le film fut terminé dans l’ordre chronologique, et écrit au jour le jour, entraînant des dépenses supplémentaires), avec toutefois des scènes sublimes. Elizabeth Taylor empoisonna le tournage de ses caprices et de ses problèmes de santé chroniques, sans compter sa liaison torride et très médiatisée avec Richard Burton, mais elle reste à l’écran une des plus belles femmes du monde et la Cléopâtre idéale.

Catégories : Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *