Olivier Père

Orléans de Virgil Vernier

Orléans, film court de Virgil Vernier (un moyen métrage d’un tout petit peu moins d’une heure) sort demain au cinéma après sa présentation remarquée au Festival del film Locarno en 2011 dans la section « Cinéastes du présent ». Souhaitons au cinéaste que son film, distribué par un heureux hasard le 1er mai, jour de la fête de Jeanne d’Arc soit encore plus remarqué à l’occasion de cette providentielle sortie en salles, car il est remarquable.

Le monde auquel s’intéresse Virgil Vernier dans ses essais cinématographiques, courts et moyens métrages ou documentaires, est celui des univers clos et nocturnes, régis par des rites et des codes stricts, vécus et appliqués par une communauté humaine compacte : Commissariat de police dans Commissariat, boîte de nuit dans Pandore, aujourd’hui club de striptease dans Orléans. La première partie de son film décrit le travail de deux filles, Joane et Sylvia, hôtesses dans un club. Séduire le client, lui faire payer des consommations, monnayer leurs charmes, autant de gestes et de paroles jouées et répétées par des filles qui rêvent de danser ou de rencontrer le grand amour mais qui se cognent à la dure réalité et s’en échappent dans une forme de représentation et d’oubli de soi.

Dans la même ville, le jour, se mettent en place d’autres rituels, beaucoup plus sacrés, les festivités de Jeanne d’Arc qui plongent le cœur de la cité dans une atmosphère de ferveur chrétienne et médiévale. Chaque année une jeune fille est choisie pour incarner Jeanne la Pucelle. Joane et Sylvia la rencontrent avec son cheval et son armure au hasard d’une promenade dans les bois.

Vernier est fasciné par la captation brute du monde, avec une approche primitive du cinéma comme enregistrement du réel, mais cependant un souci du cadre et de la composition. Il abolit aussi la frontière entre fiction et documentaire et transforme en lieux mythologiques les endroits les plus triviaux de nos villes. Le cinéma de Virgil Vernier relève du mystère médiéval.

Orléans apparaît clairement comme une esquisse ou un croquis, à l’instar des précédents films de Virgil Vernier, de son futur premier vrai long métrage Mercuriales dont il débutera le tournage le mois prochain, avec le même producteur Jean-Christophe Reymond de Kazak films. ARTE France Cinéma est coproducteur de Mercuriales. Nous attendons le fruit de son travail avec confiance et impatience.

Virgil Vernier, jeune cinéaste français à suivre de près

Virgil Vernier, un jeune cinéaste français à suivre de près

 

 

 

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