Olivier Père

Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Løve

Le Père de mes enfants est diffusé aujourd’hui à 20h50 sur ARTE, dans le cadre de notre festival de cinéma à l’antenne jusqu’au 23 novembre.

Le Père de mes enfants

Le Père de mes enfants

Rares sont les films qui parviennent à évoquer avec autant de subtilité et d’élégance des sentiments aussi graves que la séparation, l’absence, le deuil. Tout est pardonné (2007) de Mia Hansen-Løve a prouvé l’incroyable maîtrise narrative et esthétique dont pouvait faire preuve la jeune cinéaste dès son premier long métrage, nourri par le talent, l’urgence et la nécessité. Tout est grâce. Et cela s’est confirmé avec ses films suivants, Le Père de mes enfants (2009) et Un amour de jeunesse (2011). Mia Hansen-Løve est née en 1981. Après une maîtrise de philosophie allemande à Paris, elle réalise des courts métrages. Comédienne chez Olivier Assayas dans Fin août, début septembre (1999) puis Les Destinées sentimentales (2000), elle est admise en 2001 au Conservatoire municipal d’art dramatique du 10ème arrondissement de Paris. Mia Hansen-Løve a par ailleurs collaboré aux Cahiers du Cinéma. Tout est pardonné était dédié à Humbert Balsan, producteur français qui devait produire le film, mais se suicida durant sa préparation. Mia Hansen-Løve s’inspirera de la personnalité extraordinaire de Balsan et de sa mort brutale pour Le Père de mes enfants, nouvelle histoire de deuil et de famille. Grégoire est un producteur pressé et passionné qui brûle la vie (il est constamment au bord de la faillite) et ne trouve la paix qu’auprès de sa femme et ses filles. Cela ne l’empêchera pas de se suicider (magnifique scène de cinéma, elliptique et tranchante). Après ce drame, le film suit particulièrement la fille aînée de Grégoire, Clémence, qui cherche à comprendre les mystères de ce père à la fois adoré et secret, et à perpétuer son œuvre. Le Père de mes enfants révéla au grand public Louis-Do de Lencquesaing, excellent dans le rôle de Grégoire, aux côtés de sa propre fille Alice, déjà appréciée dans L’Heure d’été d’Olivier Assayas.

Les films de Mia Hansen-Løve sont des portraits d’adolescentes et des histoires de temps et de transitions, à la construction très musicale, faits de césures, de blancs et d’accélérations. Ce deuxième film, aussi beau et réussi que le précédent, confirme le talent de la cinéaste qui poursuit une œuvre émouvante, en partant une nouvelle fois d’une expérience personnelle pour élaborer un travail très romanesque.

 

 

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *