Une nuit, dans le quartier de la gare du Nord, un homme est criblé de balles par trois inconnus à bord d’une Chevrolet. Témoin de la scène, l’inspecteur Lognon, abonné aux vols à la tire, croit enfin tenir l’affaire de sa vie. Mais le temps qu’il donne l’alerte, le corps disparaît, embarqué dans une mystérieuse DS. D’un bar louche de Pigalle tenu par un Américano-Sicilien à la villa de banlieue d’un médecin poète, Maigret entreprend de remonter la piste du mystérieux assassinat.
Gris Paris
Où l’on découvre que l’icône Frenchy Gabin peut baragouiner en anglais… Dans ce "bon Maigret", "Monsieur le divisionnaire", qui règne sans partage sur une légion de subordonnés transis d’admiration, dont le moustachu Lognon, enquête une fois encore dans le gris Paris et ses nuits blanches, entre loges de concierges, hôtels de passe et bars interlopes. Cinéaste des petites gens, Gilles Grangier, qui signe des dialogues ciselés dans l’esprit de son ami Audiard, confronte le commissaire, incarné par son acteur fétiche, à des gangsters débarqués d’outre-Atlantique, dont un boxeur-tueur, et à des cadres du FBI au fil d’une série de pièges qu’il déjoue avec ses flegme et autorité légendaires. Sur une bande originale jazzy de Michel Legrand et avec un impeccable casting, de Françoise Fabian au colosse Michel Constantin, une plongée dans la France d’avant Mai 68.