Deux meurtres particulièrement violents ont été commis dans la petite ville de Varjakka, à l’extrême nord de la Finlande. Les victimes appartiennent toutes deux à la communauté læstadienne, un mouvement religieux ultraconservateur luthérien dont la bourgade est l'un des bastions. Originaire de Varjakka, qu’il a fui dix ans plus tôt pour vivre librement avec son mari, le jeune inspecteur Lauri Raiha, au tempérament violent et colérique, accepte à contrecœur d’y retourner pour participer aux investigations. Il rejoint Sanna Tervo, une officière de police confirmée, aux mœurs libertines, chargée de diriger l’enquête...
Péchés et pardon
En trois saisons se déroulant chacune à une époque différente – la première au milieu des années 2010 ; la deuxième en 1999, comme une sorte de prequel ; la troisième en 2020, cinq ans après la première enquête –, Meurtres à Varjakka s'impose comme un puissant polar, à la mise en scène inspirée et à l'atmosphère glaçante. Finement écrite, la série brouille les pistes, creusant les tourments personnels des assassins comme des enquêteurs, sur fond de méfaits et de noirs secrets. Surtout, elle séduit par son duo d'inspecteurs, Sanna Tervo et Lauri Rahia (incarnés par les excellents Maria Sid et Johannes Holopainen) qui forment un tandem aussi improbable qu'attachant. Meurtres à Varjakka brosse en outre le portrait d’une communauté religieuse très conservatrice, dominée par les hommes, dans laquelle la justice se rend uniquement à travers le pardon.