Varjakka, novembre 1999. Un matin, dans le salon familial, le jeune Aaro Leppihalme découvre les corps sans vie de ses parents, Teija et Kari. Chargé de l’enquête sur ce qui ressemble à un double suicide, l'inspecteur Jussi Ritola ne tarde pas à découvrir que sa femme Meeri et le couple travaillaient dans la même entreprise de technologies, Varjatek, et qu'ils étaient intimes. Rongé par la jalousie, le policier décide d'en savoir plus. Il apprend que Meeri et Kari fréquentaient un mouvement féministe, Millenium, dirigé par les sœurs Leinonen et dénonçant les règles patriarcales de la communauté læstadienne…
Péchés et pardon
En trois saisons se déroulant chacune à une époque différente – la première au milieu des années 2010 ; la deuxième en 1999, comme une sorte de préquel ; la troisième en 2020, cinq ans après la première enquête –, Meurtres à Varjakka s'impose comme un puissant polar, à la mise en scène inspirée et à l'atmosphère glaçante. Finement écrite, la série brouille les pistes, creusant les tourments personnels des assassins comme des enquêteurs, sur fond de méfaits et de noirs secrets. Surtout, elle séduit par son duo d'inspecteurs, Sanna Tervo et Lauri Rahia (incarnés par les excellents Maria Sid et Johannes Holopainen) qui forment un tandem aussi improbable qu'attachant. Meurtres à Varjakka brosse en outre le portrait d’une communauté religieuse très conservatrice, dominée par les hommes, dans laquelle la justice se rend uniquement à travers le pardon.