Si l’histoire égyptienne a conservé les noms des pharaons, ces souverains bâtisseurs considérés comme des dieux vivants, ils occultent parfois un autre aspect de cette civilisation : la place donnée aux femmes à la tête de l’État. De nouveaux travaux d’égyptologie nous renseignent sur des rois dont l’existence est longtemps restée une énigme – et sur des femmes de pouvoir dont les historiens avaient longtemps sous-estimé l’importance. Ces "pharaonnes", dont les noms n’apparaissent pas dans les archives royales officielles des dynasties postérieures, semblent avoir été systématiquement gommées de la mémoire collective… De Meret-Neith, puissante régente de la première dynastie, à Hatchepsout – qui fut officiellement couronnée pharaon, mais dont le neveu et co-souverain Thoutmôsis III effaça sciemment le nom et les représentations –, comment et pourquoi ces reines ont-elles été ainsi oubliées ?
Entretenir la mémoire
Ce documentaire nous embarque dans le sillage de plusieurs femmes égyptologues, qui tentent de combler ces lacunes. Leurs recherches et leurs fouilles, menées notamment dans la nécropole royale d’Abydos, à 500 kilomètres du Caire, l’un des sites archéologiques les plus anciens et mystérieux d’Égypte, permettent de reconsidérer le rôle politique de ces souveraines – et d’entretenir leur mémoire, des millénaires après leur mort. Leur travail contribue aussi à mieux faire comprendre la naissance du premier État territorial de l’histoire, unifiant il y a quelque cinq mille ans les deux royaumes de Haute et de Basse-Égypte, pour permettre à cette civilisation de devenir l’une des plus puissantes de l’Antiquité. Antérieure à l’apparition de l’écriture, cette période prédynastique, aux structures de pouvoir encore assez peu définies, reste mal connue des chercheurs.