Little Richard : I Am Everything

2 min

Disponible à partir du 10/04/2026

À la télévision le vendredi 10 avril à 22:30

Dans les années 1950, une bourrasque nommée Little Richard décoiffe l’Amérique blanche et puritaine tout en ouvrant une voie nouvelle à un rock déluré et sexuellement ambigu. Portrait vibrionnant de l'indomptable pionnier.  

"Wop bop aloobop alop bam boom!" Cette célèbre cascade d’onomatopées, qui claque au cœur de "Tutti Frutti", dit tout de son auteur, Little Richard : une déflagration de sensations et de rythmes, une énergie primale au service d’une fantaisie nouvelle. Au début des années 1950, le rock'n'roll naissant est en quête d’identité(s) et cherche encore ses voix. L’apparition sur la scène de Richard Wayne Penniman, chanteur et pianiste de gospel et de rythm’n’blues, le propulse dans une nouvelle dimension. Noir, homosexuel, extraverti et fantasque, Little Richard ouvre déjà une brèche, ou plutôt un champ des possibles pour une déferlante de freaks délurés et redoutablement séduisants. Pour l’Amérique blanche et puritaine qui n’en croit pas ses yeux, c’est un big bang. D’autant que l’impact de Little Richard s’appuie sur des hits imparables, tels "Let the Good Time Roll", "Long Tall Sally", "Good Golly, Miss Molly" ou "Lucille". Autant de classiques instantanés qui inscrivent dans l’histoire de la musique populaire américaine celui qui fut intronisé au Rock and Roll Hall of Fame dès sa création en 1986. Une reconnaissance tardive pour celui qui a ouvert la voie aux stars du rock et dont l’existence, riche en faits d’armes, tanguait entre son identité queer et sa quête de spiritualité.

Super-héros à paillettes
Le rock, une musique de Blancs virils et droits dans leurs bottes de cuir ? Dans son documentaire, Lisa Cortés rebat les cartes et restitue le genre à ses origines alternatives noires et queer. Naviguant fièrement sur le flot des tensions autour des questions de race et de sexualité dans l’Amérique, Little Richard fut autant novateur que précurseur. Dans l’affirmation décomplexée d’un "soi" pluriel, ambivalent et au-delà du qu’en dira-t-on, il a inspiré James Brown, Prince, Mickaël Jackson, mais aussi les Stones, les Beatles, David Bowie, Elton John et bien d’autres par la suite. Les nombreux témoignages de musiciens, personnalités culturelles légendaires (dont John Waters ou Mick Jagger, coproducteur du film), d'universitaires noirs et queer, de membres de la famille et d’amis évoquent comment Richard Wayne Penniman a oscillé toute sa vie entre la religion, le sexe et le rock, refusant de rentrer dans les cases où la société américaine voulait le contenir. Un documentaire à la très riche iconographie (photos, extraits et impayables shows télévisés) dans le sillage de ce super-héros à paillettes (et à cape !), vibrionnant et infiniment attachant.

Réalisation

Lisa Cortés

Pays

Etats-Unis

Année

2023

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