Olivier Père

Hong Kong 1941 de Po-Chih Leong

Hong Kong 1941 (Dang doi lai ming, littéralement « En attendant l’aube »), relate, du point de vue de trois amis (deux garçons, une fille), l’invasion de Hong Kong par le Japon en 1941. Ce film est moins connu en Occident que d’autres titres emblématiques réalisés à la même époque par Tsui Hark, Ann Hui ou John Woo, mais il a sa place parmi les films importants de la nouvelle vague hongkongaise, exemple dynamique de mélodrame historique, mêlant humour, bagarres et grands sentiments. C’est sans doute le meilleur film de Po-Chih Leong, cinéaste atypique de Hong Kong, né en Angleterre, qui partira conclure sa carrière aux Etats-Unis, dans un relatif anonymat. Hong Kong 1941, réalisé en 1984 et écrit par Sammo Hung, relate, par le petit bout de la lorgnette, l’offensive japonaise qui s’empare de la colonie britannique avec le projet de créer un empire asiatique débarrassé de l’influence occidentale, et d’asservir avec violence et cruauté la population locale. Petit bout de la lorgnette, parce que le film adopte le point de vue d’un trio à la Jules et Jim, issus de milieux différents – elle est la fille d’un grand bourgeois de la ville, ce sont deux déclassés – et unis par l’amour et l’amitié. Le film ne possède pas les moyens d’une grande fresque, et préfère étudier les bouleversements provoqués par une tragédie historique sur les rêves, les aspirations et les désirs de trois jeunes gens. On y voit aussi les comportements de la population face à l’occupant, ceux qui subissent en martyrs, ceux qui résistent avec courage devant les horreurs commises par l’armée japonaise, ceux qui choisissent la collaboration et ceux, comme le personnage interprété par Chow Yun Fat, qui jouent un double jeu. Du cinéma romanesque, mélodramatique, populaire comme pouvaient l’être les films de Hong Kong dans son âge d’or des années 1980. Po-Chih Leong n’est pas un immense cinéaste mais un honnête conteur, souvent inspiré, et ses trois acteurs principaux sont excellents – mention à Chow Yun Fat, déjà très séduisant et charismatique avant de devenir la star des films de John Woo. Il a reçu le Golden Horse Film Award du meilleur acteur pour ce rôle. A noter que Ann Hui avait réalisé, la même année, Love in A Fallen City, également sur la période de l’occupation de Hong Kong par les Japonais, avec aussi Chow Yun Fat. Ce serait intéressant de comparer les deux films. Love in A Fallen City a été édité par Spectrum, mais je ne l’ai pas encore vu.

 

Film disponible en BR, édité par Carlotta.

Catégories : Actualités

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