Olivier Père

La Légende de Baahubali de S.S. Rajamuli

Le film, comme son titre l’indique, relate la légende de Baahubali soit, sur deux générations, le destin d’un guerrier invincible de l’Inde médiévale, et de sa rivalité avec son cousin qui parvient à lui voler le trône du royaume du Mahishmathi. Cette méga fresque épique se révèle totalement disproportionnée, pour le meilleur. Tout y est trop grand, trop beau, trop violent. Le film impressionne par ses artifices, ses animaux numériques, ses chorégraphies musicales et ses décors. On se souviendra longtemps de cet immense palais perdu dans les montagnes et surtout des gigantesques cascades qui protègent l’accès au royaume. L’histoire et les personnages n’ont rien à envier aux épisodes les plus fameux de l’Ancien Testament. Baahubali apparaît comme un héros mythique aux dons corporels, moraux et messianiques dignes de Moïse, Samson ou Hercule. Le film surprend aussi en raison de son récit qui intègre deux temporalités. Il s’interrompt en son milieu pour conter les circonstances de la mort de Baahubali dans un long flash-back, avant le retour au présent proposant Shiva, le fils de ce dernier (joué par le même acteur) comme sa réincarnation en même temps que son vengeur, sauveur de son peuple et successeur. Les sentiments (amour filial et maternel, haine, vengeance, loyauté, courage, trahison) sont poussés à leur paroxysme. Tous les ingrédients d’une tragédie sont réunis pour proposer un grand spectacle dans la lignée de Ben-Hur ou des Dix Commandements, s’il fallait trouver des équivalents occidentaux, ou des énormes reconstitutions historiques chinoises, moins la propagande nationaliste. Cette magnifique superproduction regorge de scènes hallucinantes, de coups de théâtre et de morceaux de bravoure, avec des moments de folie et de pure poésie. La Légende de Baahubali (en deux parties) est le film de toutes les exagérations : plus gros budget de l’histoire du cinéma indien, mélodrame, tragédie et récit guerrier aux proportions colossales. Cette superproduction a placé S.S. Rajamuli sur les cimes du cinéma à grand spectacle, parvenant à ridiculiser les blockbusters hollywoodiens récents et même à éclipser Bollywood – La Légende de Baahubali appartient au cinéma du sud du pays, tourné en Télougou. S. S. Rajamuli mérite d’être comparé avec James Cameron ou Cecil B. De Mille par son style emphatique et son goût du grandiose. Ce chef-d’oeuvre du genre a réussi à séduire la planète entière. Carlotta a distribué en salle l’année dernière une version condensée en un seul film de 3h48 (La Légende de Baahubali, l’épopée – version Director’s Cut) produite en 2025, avec quand même des gros trous dans la narration. Cette version est absente du coffret collector, également proposé par Carlotta. Mieux vaut voir ou revoir la version intégrale, en deux films : 1ère partie (2015), 2h39 et La Conclusion (2017), 2h47.

 

 

Catégories : Actualités

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *