Cette formidable comédie italienne – même si le terme comédie semble ici très réducteur – demeure moins connue, moins aimée et commentée que d’autres films de Dino Risi, et pourtant elle occupe une centrale dans la filmographie du cinéaste. ll giovedì (le jeudi, 1963) se révèle pourtant un film très personnel et important, dans lequel le cinéaste se montre moins cruel et cynique que d’habitude, et presque sentimental. On sent que le personnage interprété par Walter Chiari, père déficient et maladroit, est très proche de lui. ll giovedì entretient un rapport très étroit avec l’un des chefs-d’oeuvre de Dino Risi, Le Fanfaron. Dans les deux films, un périple en voiture réunit deux êtres de deux générations différentes (une relation père-fils recréée dans Le Fanfaron, réelle dans Il giovedì) et dévoile la médiocrité et la faiblesse d’un homme italien vantard et pathétique. Dans le cas d’Il giovedì, il s’agit d’une journée de garde au cours de laquelle un père, séparé de la mère de son enfant, toujours en quête d’argent, endettée et vivant au crochet de sa maîtresse, finit humilié devant son fils de huit ans qu’il ne voit que très rarement, après avoir cherché à gagner sa complicité. Le film bénéficie d’une composition subtile de Walter Chiari dans un rôle difficile. Moins matamore et séduisant que Gassman, il se montre aussi plus humain, plus sympathique. Le talent de satiriste de Risi, observateur impitoyable de l’Italie du boom économique, éclate dans de nombreuses scènes.
On n’en finit pas redécouvrir des beaux films du cinéma italien, longtemps inédits ou mal distribués, grâce à l’édition vidéo. Tamasa a fait une fois de plus un excellent travail sur ce titre de Risi, avec cette édition DVD et BR, qui comprend un supplément critique d’Aurore Renaut, qui accompagne bien le film.


Laisser un commentaire