Olivier Père

Diamant noir de Arthur Harari

Diamant noir, réalisé en 2016, est le premier long métrage de Arthur Harari. Ce film noir situé dans le milieu secret des diamantaires révèle un cinéaste très talentueux. L’ambition formelle et narrative d’Harari, assez exceptionnelle dans le paysage du nouveau cinéma français, se confirmera avec son second long métrage, Onoda, 10 000 nuits dans la jungle, sorti l’année dernière. Dans les deux cas, il s’agit de travailler à l’intérieur d’un genre codifié, pour mieux le subvertir. De la même manière qu’Onoda est un film de guerre sans guerre, Diamant noir est une histoire de braquage qui évacue le folklore du polar, dont il ne retient que la rigueur du style, pour se concentrer sur les dilemmes moraux de son personnage central. Arthur Harari transforme le récit d’une vengeance familiale en véritable tragédie shakespearienne. Dans les deux films, on note aussi le déchirement d’un jeune homme devant des figures paternelles dédoublées et nocives. Pour que cette histoire soit crédible, il fallait l’enrichir d’un aspect documentaire. Le réalisateur a pu avoir accès à l’un des ateliers de taille les plus prestigieux du monde. Il explore à Anvers le quartier des artisans du diamants, rarement montré au cinéma. Lorsqu’il préparait son film, Arthur Harari rêvait d’un jeune acteur qui possède l’angélisme mais aussi la violence rentrée d’Alain Delon, période Rocco et ses frères. Il l’a trouvé en la personne de Niels Schneider, excellent.

Niels Schneider interprète avec beaucoup de charisme Pier Ulmann, ce jeune homme torturé désireux de venger la mort de son père, tombé dans la déchéance. Ce rôle qu’il tient à la perfection lui vaudra le César du meilleur espoir masculin.

 

Diamant noir est disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv jusqu’au 22 mars.

 

 

 

 

Diamant noir, c’est tout de suite, sur ARTE !

 

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