Olivier Père

Elle et Lui de Leo McCarey

ARTE diffuse Elle et Lui (An Affair to Remember, 1957) de Leo McCarey lundi 20 décembre à 20h55. Tout a sans doute été dit sur ce chef-d’œuvre absolu, l’une des plus belles histoires d’amour jamais filmée. Elle et Lui constitue également un remarquable exemple d’auto-remake, exercice auquel s’étaient déjà pliés Cecil B. DeMille, Alfred Hitchcock et même Raoul Walsh de manière plus oblique, pour rester dans le périmètre de l’âge classique du cinéma hollywoodien. Dans Elle et lui, Leo McCarey reprend quasiment à l’identique le scénario, écrit par Delmer Daves, de l’un de ses meilleurs films des années 30, Love Affair (1939) avec Charles Boyer et Irene Dunne, mais en l’adaptant aux critères du cinéma hollywoodien des années 50. Au noir et blanc et au format 1.37 succèdent la couleur et le Cinémascope. Le remake est plus long que le film original. Cet étirement du temps et de l’espace, typique de l’époque de sa réalisation, contribue à rendre la version de 1957 encore plus romantique et émouvante que son modèle, encore sous l’influence de la « screwball comedy ». Le temps qui s’écoule, les mauvais tours du destin, ce sont les grands motifs de ce film, où les futurs amants jouent contre la montre. Il y a d’abord le temps contraint de la croisière où ils se sont rencontrés, l’escale hors du temps à Villefranche, dans un havre de paix épargné par l’agitation du monde, le rendez-vous manqué en haut de l’Empire State Building en raison d’une accélération malencontreuse qui conduit à un accident, puis la longue ellipse avant les retrouvailles… Sans remettre en question le talent des deux vedettes de la version de 39, Cary Grant et l’adorable Deborah Kerr y expriment un degré d’élégance, d’humour et d’émotion contenue rarement atteint à l’écran. Grant joue avec une retenue inhabituelle, différente de l’assurance comique et dynamique dont il pouvait faire preuve chez Hawks ou Hitchcock. Un beau cadeau pour les fêtes.

 

 

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Un commentaire

  1. Aliocha dit :

    Films sublime en effet, et assez rare en plus il me semble à la télévision ?… Pour ma part (fort subjective certes), étant donné que je ne l’avais jamais vu, il aura constitué d’ailleurs le seul vrai « cadeau » de la programmation générale pour les fêtes, sans doute l’une des plus faibles et les moins audacieuses depuis l’origine de la chaîne (rediffusions à profusion, grands spectacles et/ou comédies de qualité visibles facilement par d’autres moyens, films informes dont se demande ce qu’ils fichent là)…

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