Olivier Père

La Horse de Pierre Granier-Deferre

Dans le cadre de son « printemps du polar », ARTE diffuse La Horse (1970) mercredi 28 avril à 20h55. Ce film de Pierre Granier-Deferre est l’adaptation par le réalisateur et Pascal Jardin du roman éponyme de Michel Lambesc (nom de plume de Georges Godefroy) publié dans la « série noire » deux ans plus tôt. La Horse met en scène la guerre sans pitié entre une bande de gangsters et un paysan normand rusé et inflexible. Auguste (Jean Gabin), patriarche misanthrope règne sans partage sur quatre cents hectares de terre dans les marais de la baie de Seine. Un jour, il trouve dans sa baraque de chasse un paquet d’héroïne. Il découvre que son bon à rien de petit-fils (Marc Porel), revenu à la ferme après un voyage en mer, est impliqué dans un trafic de drogue. Il décide de ne pas prévenir la police et rendre lui-même la justice lorsque les trafiquants viennent sur ses terres récupérer leur marchandise. Le scénario de La Horse ressemble à celui d’un western sobre et violent, transposé dans la France rurale. Nous ne sommes pas loin d’un ancêtre du « home invasion », réalisé un an avant Chiens de paille de Sam Peckinpah. Le film offre à Gabin un rôle taillé sur mesure. Le caractère d’Auguste semble calqué sur celui de son interprète, de même que son regard sévère sur la jeunesse et le monde contemporain. Le seul élément de modernité dans cet univers archaïque hostile au moindre changement provient de l’étonnante bande originale de Serge Gainsbourg et Michel Colombier, aux rythmes répétitifs, avec des arrangements de Jean-Claude Vanier. Jean Gabin et Granier-Deferre tourneront ensemble Le Chat juste après cette première collaboration.

 

Comme de nombreux autres films avec Jean Gabin (Des gens sans importance, Rue des prairies, Le Cas du docteur Laurent, Le Soleil des voyous, Le Chat, Un tueur, L’Affaire Dominici…), La Horse a été édité dans un combo DVD/Blu-ray par Coin de Mire dans la collection « La Séance ».

Catégories : Sur ARTE

Un commentaire

  1. Didier Chateau dit :

    « Le monde a changé, tu sais. », « Et ben pas moi. ».
    Tout est dit, et c’est, à mon avis, la plus belle réplique du film, celle d’un homme qui refuse les compromissions abjectes du monde moderne, et reste debout face à ceux qui voudraient le voir à genoux.

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