Olivier Père

Atlantique, latitude 41° de Roy Baker

ARTE diffuse A Night to Remember (Atlantique, latitude 41°, 1958) de Roy Baker lundi 25 janvier à 22h35. Le film sera également disponible en télévision de rattrapage sur ARTE.tv jusqu’au 31 janvier 2021.

De retour en Grande-Bretagne après un crochet hollywoodien, Roy Baker réalise un film extrêmement ambitieux, la plus importante production anglaise des années 50, porté par la célèbre firme Rank. La vedette Kenneth More n’y tient qu’un rôle parmi tant d’autres dans un film dont la star est son sujet, déjà plusieurs fois porté à l’écran. A Night to Remember (Atlantique, latitude 41°) est une excellente évocation du naufrage du Titanic. Cela n’a rien d’étonnant puisque Baker et son scénariste Eric Ambler demeurent fidèles à la réalité historique. Le film s’inspire d’un livre très documenté et de plusieurs témoignages de survivants. Malgré quelques erreurs (la coque du bateau ne se brise pas en son centre et coule en un seul morceau), les différentes étapes de la tragédie maritime sont restituées avec précision. Cette catastrophe à la fois humaine et technologique est décrite comme la fin d’un monde qui voue une confiance aveugle dans le progrès. S’étalent l’arrogance et le fatalisme d’une société de privilégiés, tandis que les voyageurs de troisième classe, en grande majorité des immigrants, sont retenus prisonniers dans les étages inférieurs du navire en train de sombrer. Ce point de vue sera adopté par James Cameron, grand admirateur d’Atlantique, latitude 41°, dans sa propre version en 1997, avec une approche plus mélodramatique. Baker signe un film sans pathos qui salue le courage des membres de l’équipage et de la plupart des passagers. Sa mise en scène, sa direction d’acteurs et sa gestion des effets spéciaux sont remarquables. La carrière de Baker ne profitera pas vraiment de la réussite artistique et du succès commercial de cette superproduction. Dans les années 60, Baker va beaucoup travailler pour la télévision britannique et se convertir en spécialiste de la science-fiction et de l’épouvante, en devenant l’un des piliers de la Hammer puis de la Amicus. C’est à partir de son premier long métrage pour la Hammer, le petit classique Les Monstres de l’espace (1967), qu’il signera ses films Roy Ward Baker.

 

 

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3 commentaires

  1. Moraldo dit :

    Contrairement à ce que vous dites, dans le film le bateau ne se brise pas avant de disparaître. Le réalisateur a donc respecté la réalité historique du naufrage.

    • Olivier Père dit :

      Les avis sont discordants sur le sujet, comme vous le savez. Il y a eu des témoignages contradictoires de rescapés. La version la plus répandue était en effet que le paquebot avait coulé sans se fendre, jusqu’à la découverte de l’épave en 1985. Vous avez donc raison de dire que le réalisateur a voulu respecté le déroulement du naufrage au plus près des faits. Mais James Cameron aussi, avec des informations qui n’étaient pas connues en 1958.

  2. Jicop dit :

    Un tres beau film que j’ai revu avec un tres grand plaisir .beaucoup de noblesse dans la description de cet episode tragique et des differentes reactions des protagonistes .Une vision inscrite sans insistance dans cette lutte des classes si chere aux Anglais . Cameron aura plus de temps pour traiter ce sujet avec 1h40 de plus mais n’oubliera pas de s’inspirer du film dans bien des sequences. Grace soit rendu donc a Baker qui n’a pas eu la reconnaissance qu’il meritait , sauf des cinephiles . A cet egard j’ai ete tres surpris par son  » cavalier noir  » , western baroque et insolite realise seulement 3 ans plus tard et beaucoup moins  » classique  » ( ceux qui l’ont vu savent de quoi je parle ) .

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