Olivier Père

Master and Commander – de l’autre côté du monde de Peter Weir

ARTE diffuse Master and Commander – de l’autre côté du monde (Master and Commander – The Other Side of the World) de Peter Weir dimanche 17 janvier à 20h55. Durant les guerres napoléoniennes, un vaisseau anglais se lance à la poursuite d’un navire français et doit affronter les dangers de l’océan Pacifique, notamment lors du passage du Cap Horn. Cette odyssée maritime conduit l’équipage jusqu’aux îles Galápagos, dont il découvre les trésors naturels. Réalisé en 2003, Master and Commander – de l’autre côté du monde compte parmi les chefs-d’oeuvre du cinéaste australien Peter Weir. Nous sommes plus proches de David Lean et Stanley Kubrick que des blockbusters contemporains. Il n’est pas non plus question de ressusciter le genre du « swashbuckler », naguère illustré par Michael Curtiz, dans une optique néo-classique hollywoodienne. Si Master and Commander – de l’autre côté du monde est un grand film d’aventure plein de bruit et de fureur, c’est aussi un conte philosophique sur le conflit entre curiosité scientifique et devoir militaire. Ce dilemme moral est au cœur de la relation mêlée d’admiration et de rivalité qui lie le capitaine du HMS Surprise et un naturaliste passionné précurseur de Darwin. Weir s’empare d’un sujet historique pour mettre en scène une épopée intime et spectaculaire qui rejoint les thématiques illustrées par tous ses films : le dépassement de soi, l’attrait pour les mondes inconnus, le goût de l’exploration et de la transmission. Weir propose aussi une réflexion puissante sur le commandement. Dans le rôle du capitaine Jack Aubrey, personnage extraordinaire, Russell Crowe livre l’une de ses meilleures interprétations. Les effets spéciaux numériques du film, lors des séquences de tempêtes ou de batailles navales, sont d’autant plus remarquables qu’ils sont parfaitement invisibles.

 

 

 

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2 commentaires

  1. Ballantrae dit :

    Film remarquable d’un souffle et d’une ampleur rares qui donne à l’aventure maritime ses lettres de noblesse cinématographiques.
    Oui on peut penser à David Lean.
    Mon Weir préféré avec Picnic, Gallipoli et L’année de tous les dangers.
    Ce serait formidable de pouvoir revoir dans une belle copie Mosquito coast étrange film d’aventure qui conte l’échec d’une utopie.

  2. Aliocha dit :

    L’un des meilleurs Peter Weir assurément, je suis d’accord (mon préféré restant « La dernière Vague » ou « Picnic at Hanging Rock »)…
    Ah et « Mosquito Coast » en effet, quel film ! Avec Harrison Ford dans l’un de ses rôles les plus risqués, et aussi le regretté River Phoenix…
    Ce cinéaste est d’ailleurs fascinant par sa patience et son art du choix pour construire tranquillement son oeuvre loin des modes et des pressions des studios… Ce qui fait que grosso modo (« Green Card » étant peut-être le plus faible), il n’y a rien à vraiment jeter dans sa filmo, humaine, souvent planante, envoûtante, et toujours intéressante… On n’ose imaginer ce que le pauvre doit ressentir en ce moment pour tout ce qui concerne le peu de créativité laissée en liberté désormais à Hollywood, faisant que Scorsese par exemple doive se tourner vers Netflix pour son Irishman somptueux… Peut-être que mister Weir fera de même un jour ?… Et qu’il rejoindra entre autres Jane Campion ou Fincher au club de ceux qui préfèrent aller voir ailleurs que dans le big business s’ils y sont ?!… 😉

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