Olivier Père

Wadjda de Haafia Hal-Mansour

ARTE diffuse Wadjda, réalisé en 2012 par Haafia Hal-Mansour, le mercredi 1er avril à 20h55. Le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage sur ARTE.tv jusqu’au 29 juin 2020. Wadjda est une gamine espiègle et débrouillarde de la banlieue de Ryad qui rêve d’acheter un vélo pour faire la course avec son ami Abdallah. Mais rien n’est simple pour les filles et les femmes au royaume wahhabite, où les bicyclettes sont réservées aux hommes, pour des strictes raisons de puritanisme. Issue d’un milieu conservateur, aimée par une mère délaissée par son mari, Wadjda s’inscrit au concours de récitations coraniques de son école dans l’espoir de gagner le premier prix et d’avoir ainsi le montant tant espéré pour se payer le vélo qu’elle désire tant.

Vu et apprécié à travers le monde, primé dans de nombreux festivals, Wadjda est le premier film officiel produit et tourné en l’Arabie Saoudite, où normalement le cinéma est proscrit. C’est aussi le premier long métrage d’une réalisatrice saoudienne, Haafia Hal-Mansour, qui revient dans son pays pour y évoquer la dureté de la condition féminine, soumise à de nombreux interdits. Avec humour et intelligence, Wadjda fait l’éloge de la liberté et de l’émancipation des femmes. Au-delà de son message positif, le film est une belle réussite qui s’inscrit dans la tradition du néo-réalisme, avec un scénario et des comédiennes d’une grande justesse. Il est impossible de ne pas penser au Voleur de bicyclette. Dans le film de De Sica, le vol de son moyen de locomotion privait un ouvrier romain à la fois de son travail et de sa dignité. Dans celui de Haafia Hal-Mansour, c’est la convoitise du même objet qui permettra à une gamine d’accéder à une forme d’indépendance et de respect de soi. L’investissement mental et physique que les deux personnages projettent dans la bicyclette, objet quotidien qui soudain se charge d’une utilité vitale mais aussi d’une valeur politique, devient le moteur de ces deux fictions humanistes, séparées par le temps et de culture différente, mais reliées par une idée de cinéma assez proche.

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

2 commentaires

  1. Chapuis dit :

    Un film poignant,et pleins d’espoirs pour la condition féminine ,ou dans ces pays, encore prisonniers de préceptes d’un autre temps.
    J’ai préféré la version en V.O.

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