Olivier Père

Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Løve

Les premiers films de Mia Hansen-Løve sont des portraits d’adolescentes et des histoires de temps et de transitions, à la construction très musicale, faits de césures, de blancs et d’accélérations. La cinéaste construit une œuvre émouvante, en partant fréquemment d’une expérience personnelle pour élaborer un travail très romanesque. Tout est pardonné (2007), le premier long métrage de Mia Hansen-Løve, était dédié à Humbert Balsan, producteur français qui se suicida durant sa préparation. Mia Hansen-Løve s’inspire de la personnalité extraordinaire de Balsan et de sa mort brutale pour son second film, Le Père de mes enfants (2008), nouvelle histoire de deuil et de famille. Grégoire est un producteur pressé et passionné qui brûle la vie. Il est constamment au bord de la faillite et ne trouve la paix qu’auprès de sa femme et ses filles. Cela ne l’empêchera pas de mettre fin à ses jours, dans une magnifique scène de cinéma, elliptique et tranchante. Après ce drame, le film suit particulièrement la fille aînée de Grégoire, Clémence, qui cherche à comprendre les mystères de ce père à la fois adoré et secret, et à perpétuer son œuvre. Rares sont les films qui parviennent à évoquer avec autant de subtilité et d’élégance des sentiments aussi graves que la séparation, l’absence, le deuil. Le Père de mes enfants révéla au grand public Louis-Do de Lencquesaing, excellent dans le rôle de Grégoire, aux côtés de sa propre fille Alice, déjà appréciée dans L’Heure d’été d’Olivier Assayas.

Mia Hansen-Løve termine actuellement la post-production de son prochain film, Bergman Island, son premier long métrage en langue anglaise, tourné sur l’île de Fårö, avec Vicky Krieps, Tim Roth et Mia Wasikowska dans les rôles principaux.

Le Père de mes enfants est disponible gratuitement sur ARTE.tv jusqu’au 31 mai 2020.

 

 

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

2 commentaires

  1. Yves Sinno dit :

    Mise en scène dénuée de charme et surtout incroyablement négligente ( le père Louis Do commence par téléphoner pendant 10 minutes sans mettre les mains sur le volant tout en tenant avec un faux air cool une cigarette ) image laide, son insupportable (il manque un ingé son) … mais le plus important, Louis Do est producteur de films : on est ici dans l’entre-soi ! Je n’ai pas tenu plus de 15 minutes

  2. Laura dit :

    j’adore le travail de M. Hansen-Love, sa délicatesse, sa manière d’ouvrir les possibles de manière si délicate pour ses personnages (souvent les films sont en deux parties, je n’en dis pas plus)
    un film très émouvant et très intelligent

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