Olivier Père

Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton

Dans le cadre d’une soirée en hommage à Simone Signoret, ARTE diffuse lundi 2 mars à 22h50 Les Chemins de la haute ville (Room at the Top), le premier long métrage de Jack Clayton réalisé en 1959. Le film sera également disponible gratuitement jusqu’au 31 mars en télévision de rattrapage sur ARTE.tv.

Dans l’immédiat après-guerre, un fils d’ouvrier (Laurence Harvey) débarque dans une ville de province où il entend bien gravir rapidement les échelons de la société. Adapté d’un roman de John Braine, Les Chemins de la haute ville possède de nombreux points communs avec le classique de George Stevens Une place au soleil, d’après Une tragédie américaine de Theodore Dreiser, réalisé huit ans plus tôt. Dans les deux films il est question d’arrivisme, de passion et de catastrophe. Braine appartenait à la génération des jeunes hommes en colère de la littérature britannique, aux côtés de John Osborne ou Harold Pinter. Les Chemins de la haute ville a pour antihéros un jeune ambitieux qui courtise la fille d’un riche entrepreneur, tout en vivant un amour sensuel avec une femme mariée plus âgée (Simone Signoret). Déchiré entre ses sentiments et ses plans de carrière, il va déclencher un drame malgré lui.

L’œuvre du réalisateur anglais Jack Clayton, spécialisé dans les adaptations littéraires (Harold Pinter, Henry James, Fitzgerald, Ray Bradbury) est à redécouvrir. Seulement sept longs métrages, mais plusieurs grandes réussites comme Les Innocents ou Chaque soir à neuf heures. Les chemins de la haute ville, superbement mis en scène et photographié, décrit la cruauté des rapports de classes et la discrimination sociale. Il offre à Simone Signoret son plus beau rôle en langue anglaise, récompensé par le prix d’interprétation féminine à Cannes et l’oscar de la meilleure actrice. Le personnage d’Alice, française mal mariée et exilée dans la province anglaise, évoque à la fois Madame Bovary et Lady Chatterley.

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3 commentaires

  1. Damien dit :

    Merci Arte! Je n’avais jamais vu ce film. C’est fort, très fort. On reste captivé tout le long du film. Scénario, lumière, cadre, rythme, jeu des acteurs, tout est parfait. Et surtout la thématique sur l’arrivisme ou l’amour, le mensonge ou la vérité sur soi même.
    L’acteur, qui ressemble un peu a Clint Eastwood jeune, a un jeu a la Kirk Douglas. Tout en intensité. Je me suis dit, sur le coup, dommage de ne pas l’avoir vu ailleurs. Mais en consultant sa filmographie, on voit qu’il a tourné d’autres films intéressants et un Colombo d’anthologie où il incarne un joueur d’échecs.
    Très bonne idée d’avoir programmé ce film.

    • Olivier Père dit :

      Merci. Ce film a également été réédité en salles l’année dernière, distribué par les films du camélia. Laurence Harvey a été une vedette dans les années 60, mais sa carrière a rapidement décliné et il est mort en 1973 d’un cancer à l’âge de 45 ans. Parmi ses films les plus connus il y a Alamo de John Wayne et Un crime dans la tête de John Frankenheimer. il a aussi réalisé quelques films.

  2. damien dit :

    J’ai lu que la fille de Laurence Harvey avait eu une vie un peu chaotique et qu’elle avait exercé le métier de chasseur de prime. Son histoire est retracé dans le film « Domino »de Tony Scott sorti en 2005.
    Je me demandais aussi si Hitchcock avait pu s’inspirer pour « Psycho », qui sort un an après « Les chemins de la haute ville », des scènes intimistes plutôt bien filmées du couple adultérin que l’on retrouve également au début de  » Psycho ».

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