Olivier Père

Donnez-moi ma chance de Léonide Moguy

La Cinémathèque française permettra de voir ou revoir du 19 février au 1er mars l’intégralité de la filmographie de Léonide Moguy. Durant la même période, ARTE diffuse son avant-dernier film, Donnez-moi ma chance. Moguy, né en Ukraine en 1896, a d’abord étudié et pratiqué le montage dans son pays avant de s’installer en France où il réalise des films des années 30 jusqu’au début des années 60, avec un bref séjour à Hollywood pendant la Seconde Guerre mondiale. Moguy est l’auteur de quelques magnifiques mélodrames dans la première moitié de sa carrière. Son chef-d’œuvre, Le Déserteur (retiré Je t’attendrai par la censure) date de 1939 et a bénéficié récemment d’une belle édition en blu-ray chez Gaumont. Mais la plupart de ses films sont à redécouvrir. Cinéaste humaniste et engagé, Moguy raconte des histoires d’amour impossibles et plonge ses personnages dans des situations intenses pour mieux étayer ses thèses ou alerter les consciences. Très concerné par la condition féminine, il a consacré plusieurs de ses films à des portraits de femmes dans la tourmente, victimes de la société, des institutions ou de mœurs rétrogrades. Ses derniers films abordent frontalement certaines grandes causes ou des sujets d’actualité. Donnez-moi ma chance (1957) lui permet de porter un regard critique sur un monde qu’il connait bien, celui du cinéma. Une jeune provinciale qui rêve de devenir actrice gagne un concours de découvertes parrainée par un studio de cinéma. Elle quitte sa petite ville natale, ses parents et son fiancé et monte à Paris, où l’attendent vaches maigres et désillusions. Elle est remarquée par un attaché de presse qui prétend vouloir l’aider dans sa carrière mais qui se révèle un vil séducteur adepte de la promotion canapé. Donnez-moi ma chance prend la forme d’une mise en garde contre le cruel miroir aux alouettes du vedettariat pour les lectrices naïves de Cinémonde. Cet avant-dernier film témoigne d’un certain désenchantement de Moguy vis-à-vis d’une industrie cinématographique trop cynique et superficielle, en contradiction avec les idées et les valeurs qu’il avait voulu transmettre dans ses propres œuvres. Le film offre son premier grand rôle à Michèle Mercier, futur sex symbol des années 60.

 

Donnez-moi ma chance est diffusé mercredi 26 février à 13h35 sur ARTE. le film sera également disponible gratuitement en télévision de rattrapage pendant sept jours sur ARTE.tv.

Michèle Mercier (première à droite) dans Donnez-moi ma chance de Léonide Moguy

Catégories : Actualités · Sur ARTE

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