Olivier Père

Borsalino de Jacques Deray

ARTE diffuse Borsalino (1970) de Jacques Deray dimanche 2 décembre à 20h50. Borsalino marque la réunion à l’écran des deux plus grandes vedettes du cinéma français de l’époque, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. L’amitié mais aussi la rivalité entre les deux stars sont au cœur du projet. Si le film rencontre à sa sortie un énorme succès public, il est à l’origine d’un conflit juridique entre les deux hommes, en raison d’une formulation contractuelle non respectée sur l’affiche. Borsalino n’est pas qu’une guerre des égos, c’est surtout l’histoire d’une guerre des gangs. Le film offre une vision romancée de l’ascension véridique de deux bandits marseillais en 1930. Roch Siffredi et François Cappela éliminent les barons de la pègre pour gagner le contrôle de la ville, aidés par leurs appuis politiques. Le scénario s’inspire du livre Bandits à Marseille d’Eugène Saccomano, qui s’intéressait à la carrière de Paul Carbone et François Spirito, deux figures du grand banditisme marseillais qui collaboreront avec la Gestapo pendant l’Occupation. Cette facette peu reluisante des deux gangsters ne sera pas retenue dans Borsalino – qui ne traite pas la période des années 40 – et la suite du film montrera Roch Siffredi affronter un truand italien fasciste. Plusieurs scénaristes de renom (Jean-Claude Carrière, Jean Cau, Claude Sautet) participèrent à l’écriture du film, où tout semble pourtant contrôlé par les deux stars, soucieux d’une répartition équitable de leur présence à l’écran et surtout de leur nombre de gros plans. Borsalino est indissociable de sa bande originale, composée par le musicien de jazz Claude Bolling. Le célèbre thème de piano bastringue des années 30, qu’on entend à plusieurs reprises avec des arrangements différents, fit beaucoup pour la renommée du film.

Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans Borsalino de Jacques Deray

Alain Delon et Jean-Paul Belmondo dans Borsalino de Jacques Deray

 

Catégories : Actualités

8 commentaires

  1. Aliocha dit :

    Bon, je veux bien que la restauration et le côté culte « patrimonial » de la rencontre des deux monstres sacrés justifie à la rigueur la diffusion (encore que) sur votre chaîne, mais quand même, franchement, dès le lendemain, se taper la suite, là, c’est carrément du vice LOL
    On est limite dans une situation genre un sketch des Inconnus inédit, avec un dialogue genre :
    « Tu regardes quoi toi ce soir à la télé ? »
    « Ben Arte, évidemment, y a Borsalino and Co! »

  2. JICOP dit :

    Les critiques régulières de certains visiteurs du blog d’Olivier sur la programmation dite  » commerciale  » d’Arte me semblent assez injustes .
    D’abord parce que cela permet à des quadras comme moi de voir ou revoir des œuvres connues et jadis multi diffusées dans de bonnes conditions , mais aussi l’occasion pour des jeunes cinéphiles ou téléspectateurs de découvrir le patrimoine cinématographique .
    A titre personnel je n’avais jamais eu l’occasion de voir  » le train  » de Granier-Deferre par exemple .
    Hormis sur F3 grace à Patrick Brion , beaucoup de vieux films ne sont plus tant diffusés que cela et Arte assume de ce fait une programmation ecclectique ou l’on peut voir autant  » Borsalino  » que  » Suspiria  » ou  » Leviathan  » . Je cherche en vain une telle richesse sur d’autres chaines ( hors le cable ) .

  3. Aliocha dit :

    « Le patrimoine cinématographique » ? OK, mais lequel, actuellement ? Vous citez Zviaguintsev, mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt, comme un Nanni Moretti une fois toutes les morts de papes LOL…
    Et Béla Tarr, alors ? Paradjanov ? Tarkovski ? Sokourov ? Ruiz ? Garrel ? Eustache ? Rivette ? Von Trier ? Bartas ? Yoshida ? Mizoguchi ? Murnau ? Cavani ? Visconti ? Antonioni ? Angelopolous ? Klimov ? Saura ? Erice ? Risi ? Pasolini ? Fellini (il a pas fait que la Dolce Vita !) ? Voyez-vous beaucoup (je dis bien « beaucoup » et pas genre un par an maxi) de films de ces cinéastes (entre autres) sur cette chaîne actuellement ? Deray, Verneuil, Winner, ou Granier-Deferre, ça vous suffit, franchement ? Eh bien désolé mais moi non !
    Attention, bon, moi aussi je suis quadra, mais si je suis devenu cinéphile, c’est justement entre autres parce qu’Arte a programmé pendant des années et beaucoup plus constamment qu’aujourd’hui des films parfois très difficiles, en VO, et de tous les pays ! Et vous savez quoi ? Même à 20 h 50 (quand maintenant on se tape en général un film hongrois ou jordanien à 23 h 50 !) !
    Eh oui, du cinéma d’auteur (ouh que ça fait peur à notre époque ce mot apparemment !!) à profusion, avec du panache, sur une chaîne visible par tous…
    Découvrir ces films année après année a fait mon bonheur et m’a construit intellectuellement (avec aussi les films que je voyais de mon côté par d’autres moyens, comme d’ailleurs ceux d’Argento à l’époque où il avait du génie)… Pensez-vous vraiment que Le train ou Borsalino puisse construire la cinéphilie ou même la faire naître réellement chez un jeune spectateur, à la place d’un Ford, d’un Ozu ou d’un Dreyer ? Moi il me semble que non…
    En plus, pour revenir à Suspiria, j’adore Suspiria, c’est un très grand film, culte pour moi depuis depuis mon adolescence (et je crois que je suis pas le seul fan du cinéaste d’Inferno vu les superbes et mystérieux yeux féminins figurant sur le beau bandeau à l’accueil de ce blog 🙂
    Rien que sur un plan esthétique, j’admire ce film ! Mais trouve-t-on ce même souci plastique chez un Deray ? Franchement, je ne crois pas, non, vraiment pas à ce point. Et Deray ce n’est pas mauvais du tout, mais c’est moyen… C’est pas un Bertrand Blier justement par exemple !! Voilà un gars avec une vision clivante, un besoin de visualiser et dialoguer ce qu’il a dans le cerveau pour nous offrir des trucs fascinants… Pourquoi vouloir se coltiner du moyen je ne pige pas !…
    Bref, pour me résumer, je dis oui à Argento, Bava, Carpenter, et oui à Bergman, Oshima ou Fellini ! Amarcord ou Fanny et Alexandre, voilà de beaux films à programmer pour des fêtes à la fois exigeantes et accessibles !! Cette année j’ai l’impression que certes c’est une programmation plus riche que l’année dernière, ce qui est prévu, avec Demy par exemple, mais encore une fois, en gros si j’ai bien lu on aura encore que du ciné de langue française ou de langue anglaise ! Pourquoi pas par exemple le Pinocchio de Comencini ? Film pour enfants mais pas que, non ?…
    Et puis je pense aussi à ce qu’a dit un jour Binoche (je sais plus si c’était à Cannes ou aux César) qu’elle voulait « soit des films qui vous brûlent, soit des films qui vous glacent », en gros rien de tiède (l’avis aussi de Jarmusch quand il dit en gros adorer Murnau ou Bava mais ne pas avoir envie de perdre son temps avec ce qui est médiocre et entre les deux)… Je suis pas loin de cet avis…
    Pour synthétiser mon raisonnement, au fond, cette question :
    Pourquoi programmer du tiède plutôt que du génial (oui je sais c’est subjectif tout ça mais bon, faut pas se voiler la face, on sait bien que Bergman c’est mieux que Love Actually, franchement, non ?) ? Donc, pourquoi choisir volontairement un José Giovanni plutôt qu’un Garrel ? Vous voyez ce que je veux dire ? J’ai rien contre le cinoche du dimanche soir à l’ancienne, mais en même temps, je suis désolé je comprends pas, là, le but…
    Enfin, tant pis pour moi, je suppose…

    • Olivier Père dit :

      Si vous pensez que ce blog a pour objectif de prouver de le cinéma de Deray vaut celui de Garrel (ou lui est supérieur) vous vous trompez complètement. Mais vous feignez de le faire. Il vous suffit de taper Garrel (dont nous avons produit les trois derniers films, il y a une autre chaine de télévision qui le fait à votre avis?), Godard, Visconti, Hitchcock, Truffaut, Antonioni, Bergman etc dans la barre de recherche pour constater que votre argumentation est délirante. Si cela vous dérange que je parle aussi de Winner (dont Arte n’a jamais diffusé les films depuis mon arrivée, il s’agit de chroniques de sorties blu-ray) ou de Claude Zidi tant pis pour vous. Vous savez, j’ai grandi en cinéphile en allant écouter tous les soirs les Straub parler à la fac de Nanterre après la projection de leurs films, donc votre prétendu purisme ne m’impressionne pas.

  4. Aliocha dit :

    Vous attaquez mon soi-disant « purisme » quand justement je dis que j’adore aussi bien Argento que Dreyer, et surtout, j’évoque un élitisme de bon aloi, accessible à tous par le biais d’une chaîne qui n’est pas payante ! Jean Vilar aurait-il dû caser Pouic-Pouic entre deux Shakespeare dans ses choix de théâtre pour ne pas sembler « puriste » ? Qu’est-ce qui est délirant dans ce que j’affirme ? Pourquoi surtout me prêter de la mauvaise foi (« vous feignez de le faire ») ?!

    Je ne vous attaque pas sur votre parcours ni sur vos compétences, je refuse simplement de trouver normal qu’on passe du très moyen voire des daubes totales sur une chaîne qui s’appelle Arte (je suis peut-être idiot mais je suppose que ça a un rapport avec le mot « art », un truc de ce genre ?) ! Enfin, quand même, rien que cet été, le « summer of lovers », avec quasiment que des bluettes ineptes ! Comment justifier sérieusement cela ?

    Les grands noms que vous recitez et que j’adore (Godard, Visconti, Truffaut, Antonioni, Bergman), sont-ils si mis en avant et si présents que ça sur votre chaîne en termes de programmation, à l’heure actuelle ?
    OK, vous allez faire un cycle Hitchcock (qui est un génie), mais si c’est le seul cinéaste aujourd’hui sur lequel on peut faire un « cycle », je veux dire, en insistant sur son nom, sur Arte, n’est-ce pas dommage ?
    Vous savez comme moi que, par exemple, les filmos de Bergman et de Bunuel sont incroyables rien qu’en termes de nombre de films, pourtant, en passez-vous vraiment plus qu’un (et encore !) par an ?
    Je me doute que votre chaîne n’est pas censée être un ciné-club, mais pourquoi un telle frilosité ?
    Après, au temps pour moi pour les Winner (je me suis gouré, j’avais dû en effet confondre avec leur sortie en Blu-ray), mais d’autres cinéastes aussi moyens voire plus faibles encore ont vu un de leurs films passer rien que cette année, alors bon !…

    Et puis, je sais bien que Garrel est crucial pour vous (cf. les super bonus des DVD par exemple 😉 mais alors raison de plus pour en passer aujourd’hui sur votre chaîne ?! De même qu’en ce qui concerne Straub que vous citez à la fin de votre message (très radical dans sa vision de l’art et du cinéma et ses goûts celui-ci, d’ailleurs ! Vous le traiteriez de méchant puriste, alors qu’il était prêt dans un inoubliable moment de télé à démonter la tête d’un pauvre gars LOL assis à côté de lui parce qu’il pensait pas exactement pareil ?)
    S’il y a bien une incohérence claire dans votre discours ou votre pensée, la voilà ! Mais c’est moi qui « délire » ?

    Non, je suis désolé si je vous ai blessé, car encore une fois telle n’était pas mon intention, mais croyez au moins mon énervement sincère et pas guidé par la mauvaise foi ou que sais-je encore…

    • Olivier Père dit :

      Si nous diffusons aussi des titres du cinéma commercial français « de qualité », c’est pour ne pas se reposer uniquement sur des films américains à succès pour notre case du dimanche, car nous sommes une chaine européenne. Nous achetons et diffusons beaucoup de films d’auteurs du monde entier, anciens ou récents. La télévision de rattrapage permet de les voir même si on a raté la diffusion. Nous proposons chaque année des cycles de grands réalisateurs, essentiellement européens. Bunuel a eu droit à un cycle de plusieurs films il y a quelques années. Bergman aussi En 2019 nous allons rendre hommage à Chabrol, Almodovar… Regardez nos programmes vous verrez des films de Pialat, Demy, Bertolucci Mike Leigh etc en prime time. Nous profitons des restaurations de classiques ou nous les accompagnons (Pagnol). On se bat pour remettre des films asiatiques en prime time comme il y a deux-trois ans. La diversité mais aussi l’exigence des choix sont au coeur de notre travail, y compris quand on a envie de montrer des films populaires qui ont leur place dans l’histoire du cinéma, portés par de grands acteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *