Olivier Père

Cannes 2018 Jour 10 : rencontre avec Lars von Trier

Rencontre avec Lars von Trier, de retour à Cannes pour présenter son nouveau film The House That Jack Built, hors compétition. Entretien réalisé par Sven Waskoenig.

 

The House That Jack Built de Lars von Trier

Matt Dillon dans The House That Jack Built de Lars von Trier

Catégories : Actualités · Coproductions · Rencontres

3 commentaires

  1. Sawyer dit :

    Ah, enfin un film d’horreur !
    Olivier Père a tout de même trouvé le temps, malgré un agenda très chargé, de faire un petit tour au « Marché du Film » à Cannes (non ?).
    Bon, cela dit, moi personnellement, je ne raffole pas de genre-là (j’ai regardé « Saw » une fois, et ça m’a suffi : je n’ai pas éprouvé le besoin d’aller jusqu’à « Saucisse »… pardon, « Saw 6 »).
    J’aimais bien Lars Von Trier à l’époque de « Europa » et « L’hôpital et ses fantômes ».
    « L’hôpital et ses fantômes » était un joyeux foutoir, ça virait parfois au grand n’importe quoi (et je ne suis pas tellement adepte du grand n’importe quoi… genre « Quoi ? » de Polanski, par exemple), mais j’avoue tout de même que l’expérience était marrante.
    Je me souviens d’Udo Kier qui jouait un bébé qui venait de naître mais qui connaissait une croissance exponentielle : il avait un corps immense, avec des membres qui s’allongeaient à n’en plus finir… mais sa tête restait normale (enfin, « petite », si vous voulez, proportionnellement au corps), et il parlait innocemment avec une voix de bébé, genre :
    « Il est méchant le docteur, maman ! Je l’aime pas ! »
    Bon, et ensuite, on a eu droit à « Breaking the Waves »… qui bouleversa pas mal de monde… mais moi, non : cette pauvre Emily Watson qui jouait une simplette s’adressant à Dieu dans une église… et qui à la fin se sacrifiait, « métaphysiquement », si j’ose dire (du Tarkovski de bazar !), le plat était tout de même très indigeste.
    C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me dire que Lars Von Trier se foutait de la gueule du monde et qu’il y prenait un vif plaisir.
    Les films suivants n’ont fait que confirmer cette impression : du grand n’importe quoi mettant en scène des idiots et des dégénérés, le tout de façon assez manichéenne.
    La vision du monde de Lars Von Trier dans toute sa splendeur… et ce n’est vraiment pas beau à voir.
    Je ne l’accuserai certes pas d’être misanthrope, car l’humanisme dégoulinant d’un Frank Capra m’écoeure, mais je pense que le rôle d’un artiste, c’est justement de transcender tout ça (les sentiments de dégoût et de colère) : transformer le plomb en or, la laideur en beauté.
    Je n’ai toujours pas compris le concept fumeux de « Dogville » (et il y a très souvent des concepts fumeux chez Lars Von Trier), concept de « théâtre filmé » qui consistait à rendre les décors et paysages du film totalement invisibles.
    Certes, un cinéaste peut se permettre d’escamoter les décors d’un film (George Lucas l’a fait dans « THX 1138 »), mais ce qui m’a le plus posé problème, c’est la dernière partie du film : un jeu de massacre jubilatoire pour Lars Von Trier, un jeu de massacre assez écoeurant pour ma part.
    Et au générique final, il nous montre les photos véritables de miséreux véritables dans les années 30, comme un clin d’oeil très cynique au spectateur :
    « Regardez-les ces dégénérés, ce sont eux que j’ai mis en scène dans le film que vous venez de voir ! »
    Et le tout sur un tube de David Bowie (ultime sacrilège !).
    Et c’est souvent comme ça chez Lars Von Trier : j’y vois le geste punk de l’artiste qui se saborde… à tel point point qu’on ne vient pas voir le « dernier film de Lars Von Trier », mais « La dernière provoc’ de Lars Von Trier ».
    De temps en temps, il y a des fulgurances, des plans d’une beauté à couper le souffle… et qui nous laissent penser ce dont Lars Von Trier serait réellement capable… s’il le voulait (enfin là, je fantasme sur les films qu’il ne fait pas).
    PS : Une remarque intéressante toutefois dans la vidéo ci-dessus : Lars Von Trier dit qu’il ne croit pas « au bien et au mal ».
    Moi, non plus !
    La remarque est très pertinente car souvent les gens qui font le mal… se persuadent qu’il font le bien et ils se trouvent plein d’alibis pour se persuader qu’il agissent de façon qui n’est pas vraiment injuste.
    Et ça, ça complexifie les choses à l’infini dans la façon qu’on peut avoir d’appréhender le « mal ».
    Comme disait l’autre :
    « Dans un roman, tous les personnages doivent avoir raison ».
    Dans la vraie vie aussi : chacun est persuadé d’avoir raison, d’être dans son bon droit… quelle que soit la façon dont il agisse.
    C’est ce qui rend la condition humaine si impitoyable.

  2. Dan Shoval dit :

    dear Olvier, missed you again in Cannes. That’s unfortunate.
    this film, which i believe is one of the best in the festival, says more about the world we live in, cinema’s present, and the ghosts of the past than any « issue film » about politics, racism or poverty playing the competition and embraced by the media. hope you liked it as much as i did. hope to see you soon

    • olivierpere dit :

      Dear Dan, miss you too, too bad I didn’t see you at a screening ! I totally agree.
      New LVT is a masterpiece, best film of the festival with Le Livre d’image by Jean-Luc Godard : they share many topics, like the violence of the XXth Century, the art of digression, voice over, self-quotes and archives footages. They want to deal with the complexity of the world and human being, they have questions more than answers, they doubt and they suffer, they think, see and speak with the language of cinema. They have their own and unique way of making cinema, like scientists, artists or inventors.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *