Olivier Père

L’Homme sans âge de Francis Ford Coppola

ARTE diffuse L’Homme sans âge (Youth Without Youth, 2007) de Francis Ford Coppola lundi 25 septembre à 22h30.

En 1979 Coppola, accompagné de ses enfants (Roman et Sofia, futurs cinéastes), prophétise l’arrivée du cinéma numérique lors de la conférence de presse de Apocalypse Now au Festival de Cannes. En 2001, entouré de ses fidèles collaborateurs dont le décorateur Dean Tavoularis et le directeur de la photographie Vittorio Storaro, il espère encore tourner des films à la hauteur de ses rêves, malgré la situation actuelle de la production américaine sacrifiée au bénéfice immédiat. Il y parviendra après une éclipse de près de dix ans, grâce à sa fortune personnelle, avec trois films autoproduits tournés en numérique (une nouveauté à l’époque) et en équipe réduite en Roumanie, en Argentine et en Californie : L’Homme sans âge (2007), Tetro (2009) et Twixt (2011). Ce sont des films intimes qui constituent l’un des plus remarquables retours à la mise en scène de l’histoire du cinéma, la conclusion à la fois inattendue et parfaitement cohérente d’une œuvre géniale.

L’Homme sans âge se présente comme une curieuse médiation philosophique adaptée d’un roman de Mircéa Eliade, dans laquelle Coppola brasse les thèmes du surhomme, de la métempsychose et de l’hypermnésie. Tim Roth y interprète un professeur roumain qui, frappé par la foudre en 1938, se retrouve rajeuni et doté de pouvoirs mystérieux. Commence alors un voyage à travers le siècle, les connaissances et les civilisations. L’Homme sans âge est aussi une histoire d’amour absolu qui défie le temps et l’espace. Au-delà de son excentricité apparente – le film emprunte différentes voies et passe sans transition du thriller au conte fantastique, puis du mélodrame à l’essai expérimental – L’Homme sans âge compile dans un élan romantique plusieurs thèmes déjà traités par Coppola dans ses films hollywoodiens. Le temps déréglé a toujours occupé une place prépondérante dans l’œuvre du cinéaste. L’Homme sans âge se révèle très proche de son Dracula. Le héros de L’Homme sans âge est un personnage médium capable de changer d’âge et d’apparence, d’assimiler une multitude de langue et de savoir dans sa quête d’absolu, son ambition de remonter jusqu’aux origines de l’humanité et de la spiritualité. Homme bibliothèque, Dominic Matei est aussi un homme cinéma, à la manière du célèbre vampire tel que Coppola l’a filmé en 1992. Son corps devient le vecteur d’une odyssée physique et mentale, dans laquelle Coppola donne libre cours à son imagination et à sa curiosité intellectuelle, et cherche à excéder les limites de l’écriture cinématographique. Son ambition rappelle plus que jamais celle d’Abel Gance, autre grand visionnaire et utopiste du cinéma.

L'Homme sans âge de Francis Ford Coppola

L’Homme sans âge de Francis Ford Coppola

Tim Roth et Alexandra Maria Lara dans L'Homme sans âge de Francis Ford Coppola

Tim Roth et Alexandra Maria Lara dans L’Homme sans âge de Francis Ford Coppola

Catégories : Sur ARTE

Un commentaire

  1. Denver dit :

    un film pénible mais intéressant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *