Olivier Père

Rivière sans retour de Otto Preminger

Rivière sans retour (River of no Return, 1954) est un titre trop souvent oublié quand on évoque la carrière de Marilyn Monroe. Il lui permet pourtant, mieux qu’ailleurs, d’exprimer son talent et de se montrer réellement émouvante et bonne actrice (et excellente chanteuse), loin des clichés de l’idiote pulpeuse ou de l’animal blessé qu’exploitèrent des cinéastes moins talentueux et scrupuleux que Preminger. Otto Preminger signe son unique western et son premier film en Cinémascope couleur, et se montre aussi inspiré par les grands espaces du Canada et ce nouveau format que par le noir et blanc et les tournages en studio de ses drames psychologiques. Seules quelques transparences douteuses lors des scènes sur la rivière, qui raccordent mal avec les paysages naturels, trahissent un tournage compliqué.

Les relations tendues entre Preminger et Monroe, la production houleuse et les conflits entre Darryl F. Zanuck et le réalisateur, qui conduiront à une rupture de contrat et son départ définitif de la Fox n’empêchent pas Rivière sans retour d’être un film limpide et maîtrisé, qui pose un regard juste sur la violence et la cupidité qui régnaient dans l’ouest.

Ce splendide film d’aventures est avant tout l’histoire d’un itinéraire moral où un homme au passé douloureux (Robert Mitchum) doit reconquérir l’admiration de son jeune fils, et tombe amoureux d’une prostituée au grand cœur. Les longs plans et les subtils mouvements de caméra de Preminger, l’interprétation de Mitchum et Monroe et l’intelligence et la sérénité qui se dégagent de Rivière sans retour en font un classique du western.

Rivière sans retour ressort le 9 novembre en salles, distribué par Swashbuckler Films.

Robert Mitchum et Marilyn Monroe dans Rivière sans retour de Otto Preminger

Robert Mitchum et Marilyn Monroe dans Rivière sans retour de Otto Preminger

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