Olivier Père

Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve

Dans le cadre de son Festival du Cinéma ARTE diffuse Un amour de jeunesse mardi 25 novembre à 20h50. A cette occasion, nous invitons sur ce blog Barbara Fuchs, éditrice web à ARTE France, qui nous dit tout le bien qu’elle pense du long métrage de Mia Hansen-Løve sorti en 2011.

« Un amour de jeunesse est le troisième film de la jeune réalisatrice Mia Hansen-Løve, le dernier volet d’une sorte de trilogie. Dans Tout est pardonné et Le Père de mes enfants, il était déjà question de séparation, de deuil et de solitude. A 33 ans à peine, la cinéaste a conquis une place de choix dans le cinéma français.

Un amour de jeunesse est l’histoire d’une relation qui semble pouvoir durer toute une vie. A quinze ans, Camille (Lola Créton, photo en tête de texte) tombe amoureuse de Sullivan (Sebastian Urzendowsky), de cinq ans son aîné. C’est la première relation sérieuse de la jeune fille, qui découvre en outre l’amour physique avec Sullivan. La mère de Camille lui reproche d’être tout le temps triste depuis qu’elle fréquente le garçon. Pour Camille, c’est simplement de la mélancolie, et son petit ami est sa seule raison de vivre. L’adolescente vit une relation inégale avec son petit copain : elle passe son temps à l’attendre, et lui à faire la fête. Pourtant, Sullivan est persuadé qu’elle est l’amour de sa vie et il pense à elle tout le temps.

Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve.

Un amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve.

Contre toute attente, il décide d’abandonner ses études et de partir pendant dix mois en Amérique du Sud avec des amis. Le petit monde de Camille s’effondre car pour elle, dix mois c’est une éternité. Pendant leurs dernières vacances communes, elle ne cesse de faire des reproches à Sullivan. De son côté, il est convaincu qu’elle ne devrait pas compter uniquement sur lui, mais décider elle-même de la vie qu’elle veut mener.

Au début de son voyage, Sullivan envoie quelques lettres mais rapidement, le contact s’interrompt. Camille fait alors une dépression. Les années passent. La jeune femme a repris sa vie en main et fait des études d’architecture. Elle est amoureuse de l’un de ses professeurs, qui est également une source d’inspiration pour elle. C’est alors qu’elle revoie Sullivan et il semble que rien n’a changé entre eux depuis leur dernière rencontre …

Mia Hansen-Løve mène brillamment cette intrigue qui s’étend sur plusieurs années. La bande originale y est pour beaucoup car elle illustre à merveille le temps qui passe, par exemple à travers « Volver A Los 17 » de la Chilienne Violeta Parra, ou le morceau « The Water » de Johnny Flynn et Laura Marling, à la fois tendre et explicite.

La talentueuse cinéaste déclare avoir été inspirée par une citation de Marcel Proust : « Là où la vie emmure, l’intelligence perce une issue ». Elle dévoile avec justesse la passion, la tristesse et le sentiment de fatalité suscités par un amour de jeunesse qui paraît pourtant durable. A l’instar de François Truffaut, elle présente l’amour comme un phénomène inéluctable mais toujours douloureux. Et tout comme lui, elle dépeint cette relation entre réalité et fiction.

Après cette trilogie remarquée, le nouveau film Eden de Mia Hansen-Løve sortira le 19 novembre en France, et il a déjà récolté nombre de critiques positives depuis sa présentation au Festival de Toronto. Nous sommes impatients de voir si la cinéaste a encore gagné en maturité et en savoir-faire ! »

Barbara Fuchs

 

Un amour de jeunesse est disponible en Replay sur ARTE+7, comme tous les films du Festival du Cinéma d’ARTE.

Catégories : Coproductions · Sur ARTE

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