Olivier Père

Rashômon de Akira Kurosawa

Les Films sans Frontières ressortent cette semaine en salles et en copies neuves ce classique d’Akira Kurosawa, avec son acteur fétiche Toshiro Mifune.

Au XVe siècle, un bandit reconnaît avoir tué un samouraï. La femme du défunt s’accuse du meurtre et un bûcheron contredit ces deux affirmations.

Rashômon (1950) est une œuvre charnière dans la filmographie du maître japonais. C’est le film de la reconnaissance internationale (Lion d’Or à Venise en 1951, Oscar du film étranger), à l’origine de l’intérêt du public occidental pour la production nippone en général et Kurosawa en particulier, alors que le cinéaste a déjà réalisé onze films. Rashômon, film exalté et baroque, est le récit d’un fait divers (le meurtre d’un samouraï et le viol de sa femme par un bandit) raconté selon six points de vue différents, dont celui du fantôme de la victime. Un procédé novateur à l’époque (imité et galvaudé par la suite) pour montrer la subjectivité de la réalité.

Les commentateurs de l’époque n’avaient pas oublié de faire le rapprochement avec le théâtre de Pirandello, alors que Kurosawa s’était inspiré pour son scénario de deux nouvelles de Ryunosuke Atagawa. Preuve supplémentaire que le cinéaste, souvent accusé de puiser les sujet de ses films dans la culture occidentale (Shakespeare, les romanciers russes et américains) pour séduire les festivals et à la critique, était tout simplement un conteur d’histoires universelles.

Toshiro Mifune et Machiko Kyo

Toshiro Mifune et Machiko Kyo

 

 

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