Olivier Père

Cycle Luis Buñuel sur ARTE

A partir de lundi ARTE rend hommage à Luis Buñuel (1900-1983) avec un cycle de sept films plus un documentaire qui permettent d’appréhender l’œuvre d’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma, de son premier court métrage (Un chien andalou, 1929) à son ultime long métrage (Cet obscur objet du désir, 1977.) Artiste profondément espagnol, fasciné par la liturgie et les dogmes catholiques malgré ses convictions athées et libertaires, Buñuel a traversé le XXème siècle en filmant les rêves et les fantasmes sans les dissocier de la réalité sociale, avec le regard d’un entomologiste et le refus permanent de l’esthétisme académique et de l’humanisme bourgeois.

Un chien andalou (1929) marque l’entrée fracassante d’un jeune homme, surréaliste et provocateur, dans l’histoire du cinéma. Buñuel et son complice Salvador Dalì braquent leur caméra sur l’inconscient comme personne ne l’avait fait avant eux, font surgir des images d’une violence et d’une beauté inaltérables. Un an plus tard L’Age d’or, film manifeste de l’amour fou, provoquera un scandale encore plus grand que son premier court métrage et marquera sa rupture avec Dalí. Son court documentaire Terre sans pain est l’objet d’une autre violente polémique car le cinéaste ose montrer la misère insoutenable qui règne dans une région arriérée de L’Espagne, Las Hurdes. Ces scandales à répétition et la Guerre Civile vont précipiter l’exil de Buñuel sur le nouveau continent. Même dans le cadre d’une production plus commerciale, loin de l’avant-garde, en Espagne, aux Etats-Unis, au Mexique ou en France, Buñuel restera fidèle à l’esprit surréaliste, organisant le triomphe souverain de la révolte et de l’érotisme dans des récits subvertis de l’intérieur. Certains des films mexicains de Buñuel réalisés dans les années 50 comptent parmi ses chef-d’œuvre : Los olvidados, El, Les Hauts de Hurlevent, La Vie criminelle d’Archibald de la Cruz. Film du retour en Espagne, le génial Viridiana remporte la Palme d’or à Cannes en 1961 et déclenche un énorme scandale pour sa représentation blasphématoire de la Cène.

Le Journal d’une femme de chambre (1964) avec Jeanne Moreau, d’après Octave Mirbeau, marque le début de la collaboration de Buñuel avec le producteur Serge Silberman et le scénariste Jean-Claude Carrière qui l’accompagneront jusqu’à la fin de sa vie.

Buñuel offre ensuite à Catherine Deneuve deux de ses plus grands rôles, Belle de jour (1967) et Tristana (1968), chefs-d’œuvre de perversité et explorations vertigineuses du mystère féminin.

Dans Le Charme discret de la bourgeoisie (Oscar du meilleur film étranger en 1973) des amis s’invitent à diner régulièrement mais sont à chaque fois empêchés par des évènements saugrenus. Il s’agit du meilleur film de la dernière période de l’œuvre de Buñuel. La construction atteint un niveau de perfection qui renvoie à une précision onirique héritée de la peinture surréaliste. C’est le film d’un homme libre, comme Cet obscur objet du désir, adaptation du roman de Pierre Louÿs qui témoigne d’une modernité, d’une vitalité et d’une inventivité dignes d’un jeune cinéaste en colère.

Nous reviendrons sur la plupart de ces sept films (Un chien andalou, Viridiana, Le Journal d’une femme de chambre, Belle de jour, Tristana, Le Charme discret de la bourgeoisie, Cet obscur objet du désir) à l’occasion de leurs diffusions sur ARTE.

Sur L’Ange exterminateur on peut lire :

https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2012/01/31/lange-exterminateur-de-luis-bunuel/

 

 

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