Olivier Père

Without de Mark Jackson

Découvert à Slamdance (la section « off » du Festival de Sundance) puis présenté en première internationale au Festival del film Locarno (dans la section « Cinéastes du présent ») en 2011, Without sort aujourd’hui dans les salles françaises, distribué par Atopic. Il s’agit du premier long métrage d’un jeune cinéaste américain, Mark Jackson, tourné avec une équipe de sept personnes. Ce film remarquable appartient à cette génération spontanée de productions à petit ou micro budget qui fleurissent au quatre coins des Etats-Unis, dessinant une nouvelle carte du cinéma américain vraiment indépendant. Nous avions montré certains de ses meilleurs représentants à Locarno comme The Color Wheel, Ape, Without et quelques autres.

Without

Without

Without est un huis clos à quelques personnages, centré sur une jeune femme embauchée pour s’occuper d’un grand-père invalide en l’absence de sa famille.

L’ambiance insulaire du film de Mark Jackson (presque toute l’action se déroule dans une maison sur une île isolée) évoque les films de Bergman, de même que l’angoisse dont souffre l’héroïne, coupée du monde à cause du manque de réseau qui l’empêche de communiquer avec sa petite amie. Homosexualité dissimulée, névrose, réactions psychosomatiques (elle découvre une plaque rouge dans son dos), Without baigne dans une atmosphère qui n’est pas sans rappeler certains films de terreur avec maison étrangère et voisinage inhospitalier, la peur de l’intrusion et du viol, sans compter la présence inquiétante du vieillard handicapé et mutique. Fiction du dérèglement des corps et de la perception sensorielle, Without ménage un suspens psychologique passionnant : ce film qui ne parle que de manque et d’absence se révèle être un film sur le deuil. Mention spéciale à la formidable jeune actrice Joslyn Jensen, qu’on imagine en parfaite osmose créatrice avec le cinéaste et qui porte le film sur ses épaules.

 

Catégories : Non classé

3 commentaires

  1. Félix dit :

    Ca donne très envie de le découvrir !

  2. Fabien dit :

    J’ai eu l’occasion de voir ce film au Festival de Bradford, en Angleterre, et j’ai été emballé par ce « petit » film simple, qui sait distiller son parfum et son ambiance quand il le faut… et oui mention spéciale à la comédienne qui ose pas mal de choses dans ce film qui tient sur ses épaules !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *